La session a tout d’une séance de conduite classique ce mardi 13 novembre. A la différence que derrière le volant de la 208 de l’auto-école sociale de l’Institut formation éclairage professionnel (Ifep), ne se trouve pas un jeune majeur, mais Renée Deschamps, Limayenne de 81 ans. « Je vais sûrement avoir des réprimandes », sourit-elle alors qu’elle s’installe. Durant toute une après-midi, la municipalité a organisé des activités de sensibilisation à la conduite, des dépistages auditifs et visuels, rappels du code de la route à destination des personnes âgées.

« Sur la sécurité, notre objectif est de toucher toutes les tranches d’âges, détaille Romain Laurans, directeur du service prévention pour la Ville. Les seniors ont plutôt mauvaise réputation, le but est de les rassurer sur leurs compétences, de les mettre en confiance. Ils sont souvent demandeurs. » Il était donc proposé à la trentaine de personnes présentes de passer un audit afin d’évaluer sa conduite.

Renée Deschamps a passé son permis de conduire à la fin des années 1950. Aujourd’hui, elle conduit jusqu’à Paris. « C’était très complet et instructif, détaille-t-elle d’un rappel effectué par l’association Prévention routière sur la manière de prendre un rond-point. J’aime conduire. » Ceinture attachée et rétroviseurs réglés, l’octogénaire quitte son stationnement. « Je vous laisse faire, je vous regarde », rassure Christine Danini, gérante de l’auto-école.

La première difficulté surgit au rond-point de l’avenue du Président Wilson. Alors qu’elle tourne à droite, une jeune femme attend sur le trottoir. « Il faut toujours se méfier », souligne Christine Danini, tout en relevant que la piétonne ne s’était pas engagée. Une quinzaine de minutes plus tard, la monitrice ne tarit pas d’éloges sur la conduite de l’octogénaire : « Vous avez une conduite dynamique, souple, plus que certains jeunes.aPensez simplement à vos angles morts et à tourner la tête. »

A l’intérieur, en salle du conseil, une petite file d’attente s’est formée pour réaliser un dépistage auditif. « Les seniors représentent 90 % de ma patientèle », souligne Julien Ricadat-Crosnier, audioprothésiste. Il reconnaît cependant que la pose d’un appareil auditif ne se fait que très rarement en fonction de la conduite. « Souvent, ils s’en rendent compte après coup, en me disant tiens je n’entendais plus le clignotant », explique-t-il. La vocation de cette demi-journée de prévention est d’être « pérennisée », assure Romain Laurans.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES