Le ras-le-bol s’est fait sentir vendredi 9 novembre dans l’école Joliot-Curie. Ce soir-là, le maire de Bouafle, Laurent Lallart (SE) avait convoqué les habitants pour une réunion destinée à communiquer sur les actions entreprises par la municipalité, suite aux inondations et coulées de boue qui ont frappé la ville peu avant l’été.

Lors des échanges, l’édile a tenté, sans succès, de rassurer en évoquant la mise en place d’un plan avec la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO). Depuis le 1er octobre, elle est en effet chargée de la gestion des eaux de ruissellement par le syndicat mixte d’aménagement, qu’elle a confié au Syndicat Mixte d’aménagement, de gestion et d’entretien des berges de la Seine et de l’Oise (SMSO).

Mardi 12 juin, les Bouaflais s’étaient réveillés les pieds dans l’eau : l’équivalent de deux mois de précipitations est tombé en quelques heures, entraînant des dégâts matériels importants, notamment sur la voirie et les habitations. « On n’a pas eu de morts, c’est déjà ça… », ironise un Bouaflais à la réunion ayant réuni une cinquantaine d’habitants. A l’heure actuelle, certaines familles n’ont toujours pas regagné leur logement devenu insalubre. Au total, environ 120 maisons sur les 900 logements de la ville ont été impactées par les inondations.

Les mesures annoncées sont jugées insuffisantes par les riverains présents ce soir-là. Si la commune a été placée en état de catastrophe naturelle, permettant les remboursements des assurances, le traumatisme semble toujours présent chez les sinistrés. Après une heure de discussion, une question demeure : comment éviter que de tels dégâts se reproduisent ? Dans un passé récent, « elle a connu des inondations en 1997, 2006 et en 2016 », souffle en effet une sinistrée.

Les habitants ont donc décidé de prendre le taureau par les cornes. Une association nommée Bien vivre à la vallée devrait ainsi voir le jour prochainement. « J’avais 90 cm d’eau dans mon garage, on n’en peut plus, fulmine Sophie Magisson, sa future vice-présidente : « On a trouvé le maire inerte, rien ne bouge et ce type de catastrophe risque de se reproduire. »

« Je comprends l’agacement et le traumatisme des habitants mais des actions n’ont pas été engagées par le passé… Je ne peux pas prendre toute la responsabilité », se défend le maire.

Pour Yann Hervieu, futur président de l’association, les causes des inondations sont multiples, mais d’abord liées à la topographie de la ville qui « se situe à flanc de colline, là où toutes les eaux sont regroupées ». Mais d’autres facteurs seraient aussi en cause. « Il y a le ru, un petit ruisseau mal entretenu, qui a débordé, les poubelles qui ont bouché les égouts, la terre aride des champs qui n’a pas absorbé l’eau suffisamment, détaille-t-il. Et surtout, les pluies abondantes qui se sont abattues dans un laps de temps très court. »

Aujourd’hui, les sinistrés entendent mener des actions. « Une digue a été installée il y a quelques années le long de la RD 113, mais ce n’est pas suffisant, juge Yann Hervieu, qui préconise l’installation d’un bassin de rétention pour stocker les eaux pluviales. On a soumis l’idée à la municipalité, on n’a pas le sentiment que des choses concrètes soient réalisées : on en est toujours au même point. »

Le maire se défend de toute inertie au soir de la réunion, lui ayant plutôt le sentiment de payer celle de ses prédécesseurs. « Je suis aux manettes de la municipalité depuis seulement un an et demi, souligne Laurent Lallart. Je comprends l’agacement et le traumatisme des habitants mais des actions n’ont pas été engagées par le passé… Je ne peux pas prendre toute la responsabilité sur mes épaules. » Lui aussi témoigne alors des inondations de juin.

« J’étais à 5 h 30 du matin présent dans les rues avec de l’eau jusqu’au torse, rappelle-t-il. La municipalité a été mobilisée pendant l’événement pour aider les sinistrés et après également : des logements d’urgence ont été mis en place, des conseils en assurance ont été apportés. » Un bassin de rétention pourrait-il voir le jour ? « Si l’étude [du SMSO] le préconise et qu’on a les moyens financiers pour le faire, on le fera… », conclut l’édile.

PHOTO : ILLUSTRATION / LA GAZETTE EN YVELINES