Le quartier Saint-Martin, à Carrières-sous-Poissy, pourrait bientôt accueillir une résidence de 40 logements. Jusqu’ici,al’information ne semble pas poser de souci particulier dans une ville où maisons et appartements poussent comme des champignons… Mais les futurs riverains de ce quartier essentiellement pavillonnaire ne manquent pas de réticence à voir un immeuble être érigé au milieu de leurs maisons.

Ils l’ont fait savoir lors d’une réunion d’information avec les habitants de la rue des Haies et de l’avenue Marcel Touboul, lundi 12 novembre à l’espace Michel Colucci. Le projet de résidence de logements y a été présenté par Bouygues, le promoteur immobilier en charge de la possible construction. L’architecte Bruno Michel était également venu défendre ses idées face à la quinzaine de riverains plutôt mécontents.

Le chantier d’un immeuble de 2 480 m², soit 40 logements et 45 places de stationnement en sous-sol, dont l’entrée donnerait sur l’avenue Marcel Touboul, face au parc du Peuple de l’herbe, est censé être lancé l’été prochain. L’architecte a expliqué vouloir créer une harmonie entre cet immeuble et les pavillons du quartier. Les habitants des maisons voisines, eux, ne veulent pas en entendre parler.

L’un d’eux n’y est pas allé par quatre chemins. « Moi, la première question qui me vient à l’esprit c’est : pourquoi un immeuble dans une zone pavillonnaire ? Dans une zone pavillonnaire, on fait des pavillons, ce n’est pas plus compliqué que ça », s’est-il agacé. Même son de cloche chez les proches voisins du projet. « Nous, quand on a acheté, on nous avait parlé de quartier pavillonnaire. C’est pour ça qu’on a acheté, déplore un couple dont la maison se situe à quelques mètres. On n’avait pas prévu d’avoir cette chose-là juste à côté de chez nous.  »

Christophe Delrieu, maire DVD de Carrières-sous-Poissy pour répondre aux questions et désamorcer des incompréhensions (voir encadré, Ndlr) : « Je ne suis ni pour ni contre un projet qui n’est pas porté par la ville. Dans le PLUI de la ville, il n’est pas écrit qu’il est interdit de construire autre chose que des pavillons dans ce quartier, donc je ne peux pas m’y opposer. »

Malgré plus d’une heure et demie d’échange avec les riverains, l’architecte et les représentants de Bouygues n’ont pu que constater leur opposition, tout en assurant ne pas être contre un projet immobilier à cet endroit à condition qu’il ne vienne pas « dénaturer » le quartier. « Votre projet est très beau, mais pas ici, s’emportent les riverains mécontents qui, pour certains, se disent prêts à régler ce désaccord au tribunal. La seule chose que l’on acceptera, ce sont d’autres pavillons. » Le promoteur et l’architecte sont prévenus.

Si les règles sont respectées, le maire ne peut refuser

Dès le commencement de la réunion, le maire DVD Christophe Delrieu a pris les devants pour expliquer une notion qui, selon lui, est loin d’être comprise par bon nombre de ses citoyens : « À partir du moment où l’on respecte les règles d’urbanisme, n’importe qui a le droit de construire, et le maire ne peut en aucun cas y mettre son veto. » L’édile a dû sentir les contestations des riverains venir quant à ce projet de résidence porté par Bouygues, il a préféré les anticiper.

« Le projet, qui va vous être présenté, respecte toutes les règles du plan local d’urbanisme, ce qui signifie que rien ne m’autorise à refuser son permis de construire, se dédouane-t-il. Si un maire signe « non » à un projet valable, il peut être condamné pour procédure abusive, parce qu’il sait que les règles sont respectées et qu’il n’a pas d’éléments pour dire non. Il est interdit d’interdire de construire. »

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES