Les 290 Tibétains d’Achères vont enfin quitter leurs tentes aux abords de l’ancien étang des Fonceaux. La réunion du samedi 24 novembre, en présence du sous-préfet, des associations concernées et de deux représentants tibétains, a abouti à une excellente nouvelle pour ces derniers. Finies les conditions insalubres, les immigrés devraient passer l’hiver au chaud. Dès ce jeudi 29 novembre, ils ont pris la direction d’un ancien Institut médico-éducatif (IME) au Chesnay pour les femmes, et des gymnases de Chatou et du Vésinet pour les hommes.

Là-bas, les demandeurs d’asile seront pris en charge par deux associations caritatives : la Croix rouge et ACR, association qui agit contre l’exclusion. « Elles (personnes originaires du Tibet, Ndlr) seront dans un premier temps mises à l’abri pendant environ trois semaines, ce délai permettant de les orienter vers des solutions d’hébergement pérennes », détaille le communiqué de presse de la préfecture.

Les conditions dans lesquelles ils se trouvaient depuis de longs mois, sur le chantier du futur Port seine métropole ouest (PSMO), étaient en effet indignes et dangereuses. A la fin du mois d’octobre, Mario Verlay, représentant de l’ancienne association de pêche qui occupait les lieux, le faisait déjà remarquer. « Avec les travaux de remblaiement de l’étang des Fonceaux, il y a beaucoup d’engins de chantier qui passent très près de leur camp, s’inquiétait-il alors. Ils ne sont pas en sécurité. »

Les Tibétains quittent le camp qu’ils avaient formé pour se diriger vers Le Vésinet et Chatou pour les hommes, et Le Chesnay pour les femmes.

La préfecture et les associations, dont la conflanaise la Pierre blanche, œuvraient alors déjà afin de trouver une solution de relogement. Tout s’est déroulé dans le calme, le jeudi 29 novembre, avec des Tibétains visiblement heureux du départ de l’étang. Des cars les ont emmenés vers leur nouvel hébergement après présentations de leur demande d’asile ou de leur statut de réfugié.

« Qu’ils soient en demande d’asile ou réfugiés politiques, tous les Tibétains ont pu bénéficier de ce relogement », ajoute Laurence Milon, salariée de la Pierre blanche, association qui accueille aussi plusieurs dizaines de Tibétains à Conflans-Sainte-Honorine. Pour des bénévoles présents sur les lieux, certains des Tibétains regrettent d’être relogés. « Ils avaient pris leurs habitudes ici, ils vivaient entre eux et aimaient ça, témoigne l’une d’elles. Mais c’était impossible de les laisser dans ce bidonville pour l’hiver, ils seront bien là où ils vont aller. »

La folle rumeur qui court à Conflans-Sainte-Honorine

Depuis quelques mois, à Conflans-Sainte-Honorine, il se dit qu’un Tibétain serait l’heureux vainqueur de 500 000 euros remportés grâce à un ticket à gratter, acheté dans le bistrot Au rond point des Tilleuls. La rumeur va jusqu’à dire que ce Tibétain chanceux aurait donné 100 000 euros à la Pierre blanche, l’association qui l’a hébergé dans la ville, sur son bateau Je sers.

« Nous en avons entendu parler, concède la patronne du bar-tabac, mais on ne peut être sûr de rien. Pour de telles sommes, le gagnant retire son gain directement à la Française des jeux. Et il n’est jamais venu se présenter ici pour dire que c’est lui qui avait gratté ce ticket. »

« C’est impossible, si une telle somme d’argent nous avait été versée, j’en serais la première au courant et la première satisfaite !, dément fermement la comptable de l’association caritative. Ce sont des bruits de couloir depuis quelques mois mais je n’y crois pas, si un Tibétain avait gagné une telle somme, il ne serait certainement plus en France. »

PHOTOS : LA GAZETTE EN YVELINES