Le 20 novembre dernier, à l’initiative des services du Département et de l’action sociale de proximité, se tenait une représentation théâtrale un peu particulière à l’Espace des habitants. Accompagnées par l’association Olibrius, des femmes mettent en scène les différentes formes de violence intra-familiale.

Chaque tableau s’accompagnait d’une séance d’échange avec la centaine de personnes présentes autour de ces violences, leur détection et définition, leur impact et à qui s’adresser pour demander de l’aide. « L’important, c’est de dépasser les préjugés, être dans le soutien, et dire qu’il y a des choses qui existent », détaille de cette initiative Nathalie Gras, coordinatrice du réseau Violences intra-familiales yvelinois.

Sur scène, les histoires sont écrites en fonction des différents témoignages récoltés auprès de Muriautines. « Il y a un pré-travail d’information, d’échange avec les habitantes, précise Anne Lind Perrucon, auteure et metteure en scène. Nous avons ciblé des scènes quotidiennes, cela parle plus. Il y a également un travail auprès des professionnels. » Elle poursuit : « L’important, c’est de faire germer des graines dans quelques têtes. »

La représentation s’ouvre sur une conversation entre cinq femmes, mariées. « Trente ans que je voulais passer mon permis, enfin je l’ai », commence l’une d’entre elles. « Mon mari ne voulait pas », explique-t-elle quand ses amies lui demandent pourquoi elle ne l’a pas passé plus tôt. La fille de l’une d’elles, étudiante en sociologie, leur rappelle la définition de la violence : « C’est quand une personne a une emprise sur l’autre, de n’importe quelle forme. »

Définition complétée par Blandine, intervenante au Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) des Yvelines, et animatrice des débats : « Un conflit devient violence quand il y a une asymétrie dans la relation entre les deux personnes. » Le propos fait réagir dans le public, en particulier sur la question du viol conjugal.

« Pour nous, c’est ton mari, tu ne peux pas lui dire non », avance une mère de famille dans l’assistance. « Je ne suis pas d’accord, tu as le droit d’être fatiguée », lui répond une comédienne sur scène. Blandine appuie : « Ce que vous ressentez, c’est important aussi. » Une autre comédienne renchérit : « Quand vous êtes victime, il ne faut pas rester seule. C’est à force d’en parler avec d’autres que l’on se rend compte que la situation n’est pas normale. »

Une situation qu’encourage un jeune homme, intervenant dans un dispositif de réussite éducative. « Quand on n’est pas victime, c’est facile de dire « pourquoi elle ne l’a pas dit avant », souligne-t-il. Il y a une peur du regard des autres. » Pour l’intervenante du CIDFF, « la violence concerne tout le monde ». Et de détailler des personnes vers qui se tourner, comme les assistantes sociales, les permanences à la maison du droit, le procureur, des proches ou des voisins de confiance.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES