Les gilets jaunes du Mantois ne sont pas prêts à reculer et ce n’est certainement pas l’annonce de l’annulation de la hausse des taxes sur le carburant par le président Emmanuel Macron, mercredi 5 décembre, qui leur a fait baisser les armes. « Le gouvernement et Macron se foutent de nous », lance l’une des leurs.

Ce jour-là, ils étaient encore une cinquantaine de gilets jaunes à organiser des barrages filtrants au péage de Buchelay, aux abords de l’autoroute A13, devenu le lieu emblématique de la mobilisation du mouvement dans le Mantois. Rebelote le dimanche 9 décembre, au lendemain des manifestations nationales, et cela malgré le froid et la pluie.

Parmi les gilets jaunes, Chloé est présente au péage avec sa famille à chaque occasion depuis plus de trois semaines. Âgée de 16 ans, elle se dit animée d’un sentiment de désespoir. « Quand on était petit, on partait en vacances, cette année, ce ne sera pas le cas car mes parents n’ont pas les moyens de s’en payer, affirme-t-elle mercredi en haussant la voix au milieu d’un concert de klaxons où il est bien difficile de s’entendre. On va aller vivre au Portugal, la vie coûte moins cher là-bas. »

La semaine dernière, ils étaient encore une cinquantaine de gilets jaunes, alors fort agacés du mutisme d’Emmanuel Macron, à organiser des barrages filtrants au péage de Buchelay.

Le ras-le-bol est également perceptible chez Anne-Cécile, croisée lors de l’action dominicale. « Je suis responsable d’un magasin de prêt-à-porter et mère célibataire avec deux enfants à charge, peste la jeune femme de 33 ans. J’ai une aide personnalisée au logement (APL) qui a été diminuée. » Elle a fait une quinzaine de kilomètres depuis Freneuse, où elle réside, pour rejoindre le péage de Buchelay.

Actuellement, elle indique ne plus arriver à joindre les deux bouts à la fin du mois. « J’ai dû demander un recours en grâce auprès du Trésor public car je ne pouvais pas payer la taxe d’habitation et la redevance télé cette année, explique Anne-Cécile de son budget de plus en plus serré. Les enfants n’auront qu’un seul cadeau à Noël cette année, au lieu de deux ou trois habituellement. »

Le mutisme d’Emmanuel Macron sur cette crise sociale agaçait beaucoup parmi les gilets jaunes présents mercredi et dimanche. « Le président ne s’adresse pas au peuple, ce n’est pas normal, c’est un petit roi », s’emporte Mireille, retraitée de 65 ans. La prise de parole du président de la République, finalement annoncée pour ce lundi 10 décembre au soir (à l’heure où La Gazette mettait sous presse, Ndlr), était très attendue du côté des manifestants.

PHOTOS : LA GAZETTE EN YVELINES