Sur son emblème ou dans les exercices, le guépard occupe désormais une place importante au sein de l’Etoile football club Ecquevilly (EFCE). Ce dernier a franchi une nouvelle étape dans sa volonté de renouveler l’image du club, le 4 décembre dernier, soit la journée internationale du guépard : le club de 170 licenciés parraine Dominic.

Ce jeune félin orphelin de six mois, recueilli en Namibie par la Fondation pour la conservation du guépard (CCF), sera réintroduit dans la nature à l’âge adulte. Le club recevra de ses nouvelles deux fois par an. Une action que les dirigeants du club jugent nécessaire afin d’ouvrir l’esprit de leurs jeunes licenciés à d’autres questions que le football.

« Il fallait changer les symboles », détaille Jean-Luc Rossignol, président du club depuis 2015. Le choix de la nouvelle équipe dirigeante se porte alors sur la volonté « d’ouvrir sur autre chose que le football, leur apprendre à réfléchir à l’environnement », souligne Chistian Barbaud, vice-président de l’EFCE.

Leur choix se dirige rapidement sur le guépard, dont le mode de vie comporte plusieurs similitudes avec les enseignements véhiculés par le club. « Les caractéristiques du guépard sont sa vitesse, le fait qu’il sait anticiper et garde toujours l’œil ouvert et enfin il ne recherche pas le combat, il est agile », énumère Christophe Barbaud.

Depuis 2017, l’association sportive propose des stages de vacances d’une durée de cinq jours à destination des enfants de 8 à 12 ans. Là aussi, la biodiversité est mise à l’honneur. « Nous avons une demi-journée où l’association Amifélins vient présenter son action et le guépard, détaille Christian Barbaud. Et lors des exercices, par exemple, nous leur demandons d’adapter leur vitesse, un peu comme le fait le guépard. »

L’initiative contribuerait à l’attractivité retrouvée du club. « Nous avons eu une augmentation de plus de 40 % du nombre d’enfants (les effectifs sont actuellement de 80 pour les 6-13 ans, Ndlr) », souligne Jean-Luc Rossignol. « C’est un engagement capital, cela leur permet de garder les pieds sur terre », complète le vice-président. « Pour comprendre ce qu’il se passe autour de lui, c’est très bien, note Christophe, père de Titouan. Il est assez intéressé de base, il lit des journaux sur les animaux. »

A l’issue de la cérémonie, un chèque de 150 euros a été remis à l’association Amifélins, qui le retransmettra par la suite au CCF. « Vous êtes la première mairie à fêter le guépard, se réjouit Catherine Ebbs-Périn, présidente d’Amifélins. Pour nous, c’est aussi une manière d’entrer dans la vie publique. »

Fondée en 2009, l’association intervient auprès de divers publics, afin de « sensibiliser, informer et éduquer » le public. « Il y a aujourd’hui moins de 8 000 guépards dans le monde. Il y a 100 ans, ils étaient environ 100 000 », alerte Catherine Ebbs-Périn de ce félin classé dans les espèces vulnérables. De Dominic, le guépard parrainé, elle détaille : « C’est un fermier qui l’a retrouvé sur ses terres et l’a remis au CCF, il avait moins d’une semaine. Il était tout seul, on ne comprend pas ce qu’il s’est passé. »

Le jeune guépard, comme 35 autres, est désormais suivi par Laurie Marker, fondatrice du CCF, il sera ensuite relâché équipé d’un collier émetteur. Et visiblement, les enfants du club ont encore des questions à poser sur l’animal. Alors que Laurie Marker est attendue en France en début d’année, Noa demande : « Elle ne pourrait pas venir à Ecquevilly ? » Si ce n’est pas au programme de l’an prochain, l’idée, elle, est lancée.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES