« Je vais vous demander de mettre de côté ce que vous savez. Mon but, c’est de vous expliquer comment les musulmans conçoivent leur religion, comment ils la perçoivent. » Le 4 décembre dernier, Faker Korchane, conférencier pour le Centre d’étude du fait religieux contemporain, est intervenu au théâtre de la Nacelle, lors d’une rencontre organisée par le pôle prévention de la radicalisation de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO).

L’objectif affiché de cette conférence était de donner aux plus de 150 personnes présentes, travailleurs sociaux, associatifs, collectivités, des « clés de compréhension » de l’islam, afin de prévenir la radicalisation. Mais l’intervenant du jour, également journaliste indépendant et spécialiste des questions religieuses, a insisté sur un point : une méconnaissance de l’islam, certaines interprétations, peuvent conduire à l’extrémisme. Cette conférence était une première pour le pôle de la prévention et de la radicalisation de GPSEO.

Mais elle n’était pas la première action menée par le service, rattaché à la politique de la Ville. « Nous intervenons en amont de la radicalisation, afin de toucher un public large », explique Damien Gasser, coordinateur du pôle : intervention dans les cafés-parents, les cours d’alphabétisation, ou encore à destination des scolaires font partie des actions menées. « Ce que nous faisons, c’est de la prévention primaire. Intervenir auprès de personnes connues comme radicalisées, ce n’est pas de notre compétence, cela relève de la préfecture », insiste-t-il toutefois.

« Mon objectif, c’est un peu de désacraliser l’Islam, expliquait avant le début de la conférence Faker Korchane. On peut en avoir une approche critique. » Une idée qu’il développe devant son public : « Mon but, c’est de vous expliquer comment les musulmans conçoivent leur religion, comment ils la perçoivent. Vous avez la religion, les informations, les principes, etc. Mais vous avez aussi des représentations, des réflexes, des constructions qui ne sont pas dites. »

Des situations qui peuvent, selon le conférencier, entraîner des « lacunes », chez les musulmans eux-mêmes : « Aujourd’hui, certains incluent dans les cinq piliers de l’Islam le hallal ou le voile. » Créant alors un terrain propice à la radicalisation. « Il suffit de reprendre un ou deux concepts, de bien savoir communiquer, détaille-t-il, en évoquant notamment les méthodes de l’État islamique. Certains vont mobiliser des points historiques pour essayer de répandre leur compréhension avec leur propre agenda [politique]. »

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES