L’événement en valait la peine pour les habitants d’Epône. Plus de 300 d’entre eux s’étaient réunis pour assister à la réunion publique du 5 décembre dernier : le maire Guy Muller (LR) et son conseil municipal y ont longuement évoqué la fibre optique, dont la fin du déploiement dans la commune est prévue pour janvier 2019. Pour l’occasion, Robert Valière, directeur d’Yvelines fibre (entreprise filiale de l’opérateur TDF, Ndlr) avait fait le déplacement afin d’expliquer les différentes modalités de raccordement.

Il lui a notamment semblé important de détailler l’une d’entre elles : Yvelines fibre est un opérateur d’infrastructures, ce n’est pas avec elle que les Epônois auront affaire au moment de choisir leur abonnement à internet. Afin d’illustrer ses propos, il s’est servi de l’analogie avec l’électricité. « Vous payez un abonnement avec EDF ou un autre fournisseur d’électricité. Le câble qui passe dans les rues, et qui rentre chez vous, n’appartient pas à EDF mais à Enedis, qui est un opérateur d’infrastructures, explique le directeur. On est exactement dans le même cas de figure. »

Pour les habitants d’Epône, le processus sera donc similaire concernant l’accès internet. « Nous sommes responsables de la mise en service et de l’exploitation de la fibre optique, et avons un accord commercial avec les fournisseurs internet, détaille Robert Valière. Ces fournisseurs d’accès, eux, vont vendre le service. » Sa société est non discriminante, car elle ne peut pas refuser d’opérateur ou en privilégier certains par rapport à d’autres.

A ce jour, parmi les opérateurs connus comme Orange, SFR, Free et Bouygues telecom, seul ce dernier a signé un contrat avec Yvelines fibre, mais il n’a toujours pas ouvert son réseau.

La commercialisation de la fibre optique débutera en mars ou en avril 2019, la réglementation imposant trois mois de délai après la fin du déploiement. Les opérateurs n’arriveront pourtant pas tous en même temps dans la commune. « Yvelines fibre propose différentes formules de raccordements aux fournisseurs, confie Robert Valière. Ce sont eux qui décident ensuite par rapport à leur stratégie en fonction des solutions techniques que nous leur vendons. Soit ils arrivent vite dans la ville et font moins de marge, soit ils arrivent lentement mais font plus de marge. »

A ce jour, parmi les trois principaux acteurs du marché que sont Orange, SFR, Free et Bouygues telecom, seul ce dernier a signé un contrat avec Yvelines fibre, mais il n’a cependant toujours pas ouvert son réseau. Les autres devraient suivre, même si aucune date n’est encore annoncée. Ce qui, forcément, inquiète des Epônois présents à la réunion publique.

« Aurons-nous la garantie que les gros opérateurs arriveront un jour à Epône ?, se questionne un homme au milieu de la salle. Car nous sommes les habitants, donc les principaux concernés, et on peut vouloir rester chez eux pour le service qu’ils nous proposent. » Selon le directeur d’Yvelines fibre, « c’est évident qu’ils viendront un jour », bien qu’il ne sache pas quand.

« Personne n’est marié à son opérateur, tout le monde peut en changer », conclut Robert Valière à l’adresse de ceux dont l’opérateur serait plus lent que les autres. En attendant l’arrivée des principaux distributeurs, la solution serait de se tourner vers des opérateurs alternatifs dont le réseau est déjà ouvert. C’est le cas d’Ozone, de Video futur ou encore de Nordnet qui proposent des services d’accès similaires à leurs concurrents plus connus. Pas sûr que cela suffise à satisfaire les Epônois pour le moment.

PHOTO : ILLUSTRATION / LA GAZETTE EN YVELINES