Le 23 novembre dernier, la ferme de la Cure, siège de l’association Savoirs écologiques et valorisations environnementales (Seve), ouvrait ses portes le temps d’une échoppe éphémère. À raison d’un vendredi toutes les deux semaines, de 18 h à 20 h, une vente de produits locaux est proposée. Le lieu a vocation à favoriser les échanges entre membres de l’association, producteurs locaux et consommateurs, car l’implantation dans une petite commune rurale du Vexin ne veut pas pour autant dire que ses habitants et ceux des alentours sont sensibilisés aux circuits courts.

Cela fait deux ans que le projet, porté par Elise Lemaire, une adhérente de la Seve, est lancé. « On sort un peu du cadre de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), explique-t-elle. On propose un choix plus large, des légumes et des fruits bien sûr, mais aussi du pain, de la bière, des savons, des bougies… » Pour cette première ouverture, une dizaine de paniers ont ainsi été commandés, un nombre satisfaisant pour l’association.

« C’est un acte militant mais concret », résume Elise Lemaire. Les producteurs, eux, sont choisis dans un rayon de 30 km maximum autour de la ferme. « L’idée, c’était de se demander quels sont nos besoins, en tant que consommateurs, quelles sont nos ressources et montrer du concret, détaille Charles Peyrouty, fermier-coordinateur de la Seve. On se plaint qu’on mange mal mais on ne change pas ses habitudes. »

Le cadre de Sailly, commune d’environ 380 habitants située à l’entrée du Vexin, ne favoriserait pas forcément cette consommation locale malgré son caractère rural. « On n’est pas en province, beaucoup de gens ne travaillent pas sur le territoire, c’est un peu une ville-dortoir, constate Charles Peyrouty. Ce sont plutôt des personnes qui viennent se réancrer dans la commune qui sont plus sensibles. »

Les consommateurs peuvent commander leur panier jusqu’à trois jours avant la distribution sur internet, via la plate-forme yvelinoise Du web à l’assiette. « Consommer local peut-être vu comme assez contraignant, explique des freins possibles Jonathan Froger, fondateur de la plateforme. Quand on fait le tour des producteurs on y passe du temps, des kilomètres, on y passe facilement la journée. »

La plateforme organise des distributions dans sept villes, entre les Yvelines et la Seine-Maritime. Jonathan Froger a notamment pu observer un changement parmi ses clients : « Au départ, ils avaient plutôt la quarantaine et étaient déjà sensibilisés aux Amap. Depuis un an, on constate que beaucoup de jeunes de moins de 30 ans découvrent le site, il y a une vraie prise de conscience. »

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES