Lors du dernier conseil municipal mantais, le 10 décembre, une délibération portant sur la modification du plan local d’urbanisme a provoqué plusieurs interrogations de la part du conseiller d’opposition communiste Marc Jammet, notamment sur l’opération concernant la démolition-reconstruction de 150 logements sur le site du foyer situé rue Maurice Braunstein et géré par Adoma, un chantier dévoilé par La Gazette dès mai 2018, censé être terminé en 2021.

Avec cette opération, mairie comme bailleur espèrent améliorer les conditions de vie des résidents, en remplaçant les chambres actuelles par des studios et en transformant le foyer en résidence sociale. Cependant, si les 150 logements initialement détruits seront reconstruits au même emplacement, une deuxième démolition concernera les 138 logements restants. Ces derniers devraient être reconstruits sur un autre site, à la localisation encore non définie à l’heure actuelle.

L’actuel foyer compte « 288 logements, pour autant de locataires, puisque nous sommes sur un public isolé », précise Julien Ars, directeur territorial d’Adoma dans les Yvelines. « Michel Vialay (le précédent maire LR, Ndlr) avant moi et Jean-Luc Santini (adjoint LR de Mantes-la-Jolie, Ndlr) travaillent depuis longtemps à la restructuration de ces foyers qui abritent des gens dans des conditions, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles sont assez proches de l’habitat indigne », expliquait le 10 décembre de l’urgence de la situation le maire Raphaël Cognet (LR).

Concernant le foyer Braunstein, une première étape des travaux, dont le coût a été estimé « à un peu plus de dix millions d’euros » concernera la démolition d’une moitié de bâtiment, puis la reconstruction des 150 logements, pour devenir une résidence sociale. «  On aura des logements qui iront du T1 au T1 bis, explique Julien Ars. Les plus petits auront une surface comprise entre 17 et 18 m², jusqu’à un peu plus d’une trentaine de m². »

Au conseil municipal, l’une des interrogations posée par l’opposant communiste Marc Jammet porte sur la procédure de relogement des locataires actuels. « Dans un foyer, il n’y a pas de bail à vie, c’est un bail à durée temporaire normalement, expose en réponse Jean-Luc Santini. Mais il y a une population dans ces foyers qui est là depuis 20 ou 30 ans qui sera bien sûr préservée. »

Et Raphaël Cognet de compléter : « Le but, c’est de faire cesser la sur-occupation, parce qu’aujourd’hui, si vous avez beaucoup beaucoup de monde là-dedans, c’est parce qu’il y a beaucoup de sous-locations, de gens qui habitent dans des chambres qui sont divisées en deux par des planches en bois. On peut légitimement penser qu’à la fin il y aura moins d’occupants. »

Julien Ars confirme qu’une opération de relogement sera bien menée par Adoma auprès des locataires actuels. Mais après ce chantier, le bailleur espère toutefois «  entre 25 et 30 % à minima de ce qu’on appelle un nouveau public », les futurs studios permettant d’accueillir « des couples, voire des familles monoparentales ». Le nouveau bâtiment devrait être livré pour la fin 2021, « si tout se passe bien » .

Suite à cette démolition-reconstruction se posera la question des 138 logements restants : ils ne devraient pas être reconstruits rue Maurice Braunstein mais ailleurs. « Des discussions sont en cours, leur objet est de savoir, entre guillemets, où est-ce qu’on positionne ces autres logements qui n’auront pas vocation à être reconstitués sur le terrain, détaille Julien Ars. Aujourd’hui, à ce stade des discussions, on a pour objectif de ne pas forcément reconstituer la totalité sur site. »

PHOTO : ARCHIVES / LA GAZETTE EN YVELINES