Les trésoreries d’Epône et de Triel-sur-Seine ne sont plus. La Direction départementale des finances publiques (DDFIP) des Yvelines a en effet décidé de transférer leurs services de recouvrement des impôts des particuliers. Depuis le 1er janvier 2019, Epônois, Triellois et habitants des communes voisines doivent désormais se diriger vers d’autres centres des finances publiques, à Mantes-la-Jolie pour Epône et à Poissy pour Triel-sur-Seine.

L’un des maires concernés, comme la CGT de la DDFIP des Yvelines, déplorent ces fermetures justifiées par un manque de fréquentation. A ce jour, nul ne sait si d’autres trésoreries sont menacées de fermeture… mais la DDFIP avance que « des réflexions seront prochainement engagées pour l’évolution de son réseau », et le maire de Limay a fait état publiquement de son inquiétude lors de ses vœux.

Epône et Triel-sur-Seine ne sont pas les premières ni les seules communes du département à avoir vu leurs services êtres transférés vers des centres de finances publiques de villes plus importantes. Ces cinq dernières années dans les Yvelines, Maisons-Laffitte, Chatou et Chevreuse ont ainsi connu pareille situation.

Afin de suivre la réorganisation lancée au niveau national, la DDFIP des Yvelines a encore fait évoluer la carte de ses implantations dans les Yvelines en fermant ces deux centres. Cette décision s’expliquerait en partie par « une fréquentation en baisse de 26 % sur les quatre dernières années » argue la DDFIP en avançant une dématérialisation de plus en plus importante des déclarations.

« C’est triste, mais malheureusement on est mis devant le fait accompli et on ne peut plus faire grand-chose », regrette le maire de Triel-sur-Seine quant à la fermeture de la trésorerie de sa commune.

« Cela rentre dans le cadre des suppressions de postes de fonctionnaires voulues par le gouvernement, regrette la section CGT finances publiques des Yvelines. Toutes les trésoreries rurales sont amenées à fermer au détriment des plus gros centres. Même si on parle de transfert de services, c’est un service public en plus que l’on supprime. »

Le maire de Triel-sur-Seine, Joël Mancel (DVD), déplore tout autant cette disparition. « Je ne peux que regretter le départ de la trésorerie de Triel et son transfert à Poissy, ne peut que constater l’édile. C’est triste, mais malheureusement, on est mis devant le fait accompli et on ne peut plus faire grand-chose. »

Certaines communes de vallée de Seine craignent d’ailleurs d’être les suivantes à voir leur centre des impôts fermer. « Le retrait des services publics des territoires constitue une forte injustice […] et renforce les inégalités territoriales », critiquait ainsi le maire de Limay Eric Roulot (PCF) lors de ses voeux. « En 2019, il va falloir rester vigilant car des rumeurs circulent selon lesquelles la trésorerie de Limay serait délocalisée, exprimait-il ensuite. Sachez que nous n’allons pas nous laisser faire. »

A Triel-sur-Seine comme à Epône, des permanences dédiées de la DDFIP auront lieu une fois par semaine en partenariat avec les mairies des deux villes. Il sera possible d’y poser toutes les questions de fiscalité mais aucun encaissement ne pourra y être effectué. Elles débuteront ce lundi 28 janvier à Epône, et se tiendront tous les lundis de 8 h 30 à 12 h et de 13 h 30 à 16 h, dans les locaux de la mairie. A Triel-sur-Seine, les permanences commenceront le jeudi 31 janvier et auront lieu tous les jeudis matins de 8 h 30 à 12 h dans les locaux du centre communal d’action sociale.

A Epône, près de 400 signatures contre la fermeture

Cette « injustice » avancée par le premier magistrat limayen à propos des fermetures de centres des impôts, Jean-Pierre Grihon l’a vécue mi-décembre en apprenant, sur le tard et à son grand déplaisir, la fermeture de la trésorerie d’Epône. Ancien maire adjoint à Mézières-sur-Seine, il a donc lancé une pétition en ligne contre la fermeture de ce service public.

« J’ai été moi-même surpris de l’attachement des gens pour la trésorerie. Je ne pensais pas que ça aurait autant de répercussions sur les habitants, se souvient-il. Beaucoup d’entre eux appréciaient le côté pratique de ne pas avoir à se déplacer à Mantes-la-Jolie. » Sa pétition a en effet obtenu 377 signatures en 15 jours.

« Au moment de signer la pétition une femme m’a expliqué « Avant, j’y allais à pied en cinq minutes, maintenant, je vais devoir aller à la gare, descendre à Mantes et prendre un bus de la gare jusqu’au Val Fourré », je comprends son mécontentement », détaille Jean-Pierre Grihon d’un des témoignages reçus suite à sa pétition.

PHOTOS : LA GAZETTE EN YVELINES