Malgré le départ précipité d’un des deux maires initiaux, le mariage entre Orgeval et Morainvilliers reste à l’ordre du jour. Mais deux ans après les premières annonces sur le sujet, il est toujours difficile de prédir quand les deux communes voisines vont lier leur destin. Jean-Pierre Juillet (SE), premier magistrat d’Orgeval, et Fabienne Devèze (LR), son homologue de Morainvilliers, laissent entendre que la décision finale concernant cette éventuelle fusion encouragée par l’État reviendra à leurs successeurs… ou en tout cas aux maires élus après les élections municipales de 2020.

A l’origine, le projet était porté par Yannick Tasset, l’ancien édile LR d’Orgeval, qui a quitté son poste le 31 décembre 2017 pour des raisons de santé. « Ce projet résulte d’une volonté commune des deux maires, on se connaît depuis pas mal d’années », rappelle Jean-Pierre Juillet, croisé samedi 12 janvier lors de ses vœux aux habitants.

L’édile orgevalais, qui a repris le flambeau sur ce dossier à la suite de la démission de Yannick Tasset, reste sur la même ligne que son prédécesseur, dont il était le premier adjoint depuis 2001. « On veut se marier car les moyens financiers dévolus à nos communes sont de moins en moins importants, donc l’idée, c’est d’être plus fort ensemble », argumente-t-il.

Un état des lieux sur la situation, notamment financière, des deux communes, a été confié à un cabinet d’études cet été. « On est en train de faire un diagnostic sur les écarts de fiscalité qui sont réels », informe la maire de Morainvilliers, Fabienne Devèze. Les premiers résultats sont attendus prochainement : « On a une réunion avec le comité de pilotage dans les prochains jours », fait savoir de son côté Jean‑Pierre Juillet.

Toujours est-il qu’aucune décision n’interviendra avant les prochaines élections municipales de 2020, au cours desquelles ce sujet brûlant reviendra inévitablement sur la table. « S’il y a un mariage, ce sont les futures équipes municipales des deux communes qui le feront », affirme Jean-Pierre Juillet. Pour Fabienne Devèze, qui assure n’avoir encore pris aucune décision sur une éventuelle candidature à sa réélection pour 2020, « il appartiendra aux nouveaux élus de faire ce choix. »

Reste à savoir comment ce possible rapprochement sera perçu par les habitants des deux communes : le rattachement de Bures à Morainvilliers, décidé en 1843, a mis un siècle a être digéré par les « Burois » devenus Morainvillois… « Une fois l’étude réalisée, le projet sera présenté aux élus des conseils municipaux et aux administrés, tempère Fabienne Devèze. En aucun cas, on ne veut leur forcer la main, c’est un choix qui demande beaucoup de pédagogie. »

A l’heure actuelle, il ne semble pas qu’il y ait d’opposition farouche à ce futur mariage, même si tous ne seraient pas convaincus de sa nécessité. « Les habitants sont très attachés à leur identité, concède ainsi Fabienne Devèze. Et puis, ils ne veulent pas quelque chose de gigantesque dans lequel ils seraient perdus, comme c’est le cas avec la communauté urbaine GPSEO (Grand Paris Seine et Oise, qui rassemble 73 communes de vallée de Seine, Ndlr). »

PHOTOS : LA GAZETTE EN YVELINES