Action coup de poing et éclair des agriculteurs, dans la matinée du jeudi 24 janvier. Deux permanences de députés yvelinois ont été prises pour cible, celle de Bruno Millienne (Modem), à Maule et celle de Marie Lebec à Croissy-sur-Seine, suite au vote de la redevance sur la pollution diffuse survenu fin décembre.

Emmenés par la Fédération départementale des syndicats exploitants agricoles (FDSEA) et les Jeunes agriculteurs franciliens, les agriculteurs s’estiment « trahis » par la position du député de la 9e circonscription yvelinoise Bruno Millienne. Ce dernier évoque lui une « cohérence » dans son parcours parlementaire et la défense environnementale et a annoncé avoir porté plainte.

Sur les vitres de la permanence mauloise, des affiches « Bruno Millienne, trahison ». Du fumier a également été déversé sur l’escalier permettant d’accéder au lieu. « Au mois de décembre, il était question d’augmenter les taxes environnementales pour les agriculteurs, détaille-t-on du contexte à la FDSEA. La FNSEA et les JA ont invité les députés franciliens à venir les rencontrer à la Chambre d’agriculture pour discuter de ces problématiques. Sur tous les députés invités, il y en a quatre qui sont venus, sept se sont excusés. »

Le député, lui, n’a que peu goûté la manière de faire des syndicats agricoles. « On a été convoqués trois jours avant la date, je trouve ça un peu moyen comme façon de faire », réplique Bruno Millienne. Il poursuit de son action : «  J’ai essayé de négocier avec le ministère de l’agriculture pour que l’augmentation de cette redevance soit baissée. Il y a des combats qu’on gagne et des combats que l’on perd, celui-là je l’ai perdu. »

L’élu tient à rappeler aux agriculteurs l’amendement porté sur la défiscalisation de l’huile de palme, adopté récemment : « L’un des intérêts est que cela donne à nos filières agricoles, notamment dans les oléagineux, un débouché supplémentaire qu’ils réclamaient depuis longtemps. » Il se dit prêt à renouer le dialogue. « Ils viennent, ils prennent rendez-vous avec moi, on se voit à la permanence, on le fait dans un respect mutuel », conclut-il.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES