Pour une première fois, éducateurs, municipalité, parents et enfants semblaient satisfaits. Le 16 janvier dernier, les premiers cours de l’Ecole de cirque muriautine ont démarré avec une douzaine d’enfants de quatre ans et demi à sept ans (en vallée de Seine, le Cirque dans les étoiles d’Aubergenville et la Compagnie des contraires de Chanteloup-les-Vignes proposent aussi des ateliers de cirque aux enfants, Ndlr). Au programme de cette séance, balle d’équilibre, rola bola, et surtout, travail sur la confiance et la relation à l’autre. Tous y voient un moyen pour enfants et adolescents de prendre confiance en soi.

« Il y a un intérêt éducatif certain, souligne Bernard Durupt (LREM), adjoint muriautin chargé de la vie associative et des sports, de cette initiative municipale. En couvrant la plupart des disciplines, on y apprend la crainte, le travail d’équipe, le respect des règles… c’est très complet. » De la volonté de la mairie de lancer sa propre école, l’élu invoque un paradoxe : « Depuis quinze ans, nous accueillons le Festival international de cirque des Mureaux, et nous étions le seul festival de cette ampleur à ne pas avoir d’école. »

Bien que la demande ne soit pas venue des parents « nos ateliers découvertes marchaient déjà très bien », assure Bernard Durupt. « Les enfants rêvent au cirque, cela nous paraissait important de passer du rêve à la pratique », poursuit-il. Les premiers cours se dérouleront au pôle Molière, ils devraient très rapidement déménager au sein des Ateliers du moulin, centre d’art situé dans l’ancien presbytère complètement rénové et réaménagé pour l’occasion.

« On ne lève pas la main, on n’est pas à l’école ici ! » Au milieu du cercle formé par les enfants, Fikri Tallih, fondateur de la compagnie Cirqu’en liberté s’apprête à présenter l’exercice suivant, basé sur la balle d’équilibre. Se voulant rassurant, il ajoute : « Loïc est avec moi, il jouera le rôle de la sécurité. » Les consignes sont simples : il faut appréhender la balle, qui peut sembler imposante, et réussir à tenir en équilibre, assis ou debout. « Regarde droit devant toi », insiste Fikri Tallih à un garçon. A une fille, plus hésitante, il assure : « Si tu ne veux pas y aller, ne te force pas. »

Jessica, jeune mère vernolienne, suit les deux heures de séance attentivement, encourageant ses deux garçons, Hugo, cinq ans et demi et Lilian, quatre ans et demi. « La séparation est un peu difficile », sourit-elle tandis que Lilian, tout sourire, prend place sur la boule d’équilibre. Les deux garçons ont déjà fait du cirque à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), mais leur mère recherchait un lieu « plus proche » de Verneuil-sur-Seine.

« J’en ai entendu parler ce matin », explique-t-elle de l’Ecole de cirque. Timide au début, Hugo se prendra toutefois au jeu, allant jusqu’à assurer la sécurité de ses petits camarades lors de l’exercice suivant. « Tu as réussi à dépasser ta timidité, bravo », le félicite Fikri Tallih à la fin du cours. De sa pédagogie, l’intervenant explique : « C’est un travail à l’écoute de… On travaille sur la mise en confiance de l’enfant, on ne va pas le forcer pour faire quelque chose, cela aura l’effet inverse. Je ne veux pas qu’il imite, je veux qu’il se lâche. »

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES