Le parc municipal a rouvert ses portes, mais seulement le temps d’une matinée. Le samedi 19 janvier dernier, la municipalité de Triel-sur-Seine a organisé une grande concertation dans l’enceinte de ce jardin de 14 000 m², fermé depuis quatre ans. L’idée de cette concertation était de faire découvrir ou redécouvrir cet espace qui accueillait jadis les terrains de tennis du club local.

Tous les citoyens de la ville y étaient conviés et les habitants qui ne l’ont jamais connu ont ainsi pu se rendre compte de la magnifique vue de ce parc, l’une des plus belles de Triel-sur-Seine. Une question est fréquemment revenue chez ces derniers. Sans surprise, il s’agissait de celle concernant la réouverture de ce parc.

« Mes enfants n’ont pas d’endroits pour s’amuser en toute sécurité, regrette une maman trielloise d’une trentaine d’années. Nous devons traverser la ville pour cela alors qu’il y en a un magnifique juste ici. » Membre de l’opposition municipale Réagir pour Triel, Philippe Paillet (DVD) en a profité pour se poser la question que beaucoup se sont posés. « Quitte à rouvrir le parc municipal pour une matinée de consultation citoyenne, pourquoi ne pas le rouvrir pleinement, chaque jour, jusqu’à ce qu’une décision soit prise pour son avenir ? »

Deux raisons principales poussent la municipalité à ne pas rendre possible une telle réouverture. La première concerne la sécurité. Après de longues années sans entretien, les services techniques ont donné de leur personne pour le rendre accessible à tous en seulement quelques jours. Seulement voilà, tous les critères de sécurité ne sont pas respectés.

« Ouvrir le parc pourrait être dangereux, il n’y a eu aucune remise en état, juste des travaux d’entretien pour la matinée de consultation. La sécurité n’est pas garantie, donc il pourrait y avoir des blessés », souligne Frédéric Spangenberg, adjoint au maire, présent sur les lieux le samedi 19 janvier dernier. La seconde raison concerne le gardiennage. Il existait du temps où le parc était ouvert, mais du fait de sa fermeture, celui-ci n’est plus d’actualité.

Les Triellois ont répondu présents lors de la visite et déjà plus d’une trentaine de fiches ont déjà été déposées dans l’urne en mairie pour donner leur avis.

Alors, s’il n’est pas question de rouvrir le parc, que vont bien devenir ses cours de tennis et ses espaces verts, propices à la détente ? Pour le moment, la parole est aux Triellois. « Il s’agissait d’une ouverture exceptionnelle afin de permettre aux citoyens de visualiser le parc et de se rendre compte de son état actuel. Maintenant, c’est à eux de nous faire part de leurs idées pour son futur », poursuit Frédéric Spangenberg.

A cet effet, une urne a été mise en mairie au sein de laquelle chacun peut y déposer, pendant deux mois, ses attentes quant au devenir du parc municipal. Questionné à ce sujet le 30 janvier, lors des vœux 2019 de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), Joël Mancel (DVD), maire de Triel-sur-Seine, a révélé qu’une trentaine de fiches étaient déjà revenues en mairie. La plupart d’entre elles demanderaient la réouverture des lieux. « Ce pourrait être le plus simple mais il faudrait quand même des travaux de remise aux normes », a-t-il ajouté.

Le souhait de Frédéric Spangenberg, en accord avec le maire et la majorité du conseil municipal, serait d’en faire un lieu intergénérationnel. « Nous pourrions y faire construire une crèche, un lieu d’accueil pour les personnes âgées, éventuellement une école tout en gardant un espace pour des espaces verts et pourquoi pas des jardins partagés, propose-t-il. Une chose est sûre, c’est un beau lieu, on ne peut pas en faire n’importe quoi et ça coûtera de l’argent. Tout reste ouvert, on attend que les idées fusent. »

A la fin de l’année 2017, le parc devait être vendu à un promoteur immobilier pour un prix proche de quatre millions d’euros. L’objectif était de construire 168 logements, dont 48 sociaux. Une vente qui avait provoqué la colère des Triellois avant de finalement capoter près d’un an plus tard. « Le promoteur, avec lequel nous avions un accord, a fait une étude du sol, qui a constaté qu’il fallait renforcer les pieux, au-delà de ce qui était prévu (21 mètres de profondeur au lieu des 11 mètres initiaux, Ndlr) », indiquait l’édile lors du conseil municipal du 20 septembre 2018.

Le prix de la vente avait alors chuté à un million d’euros. Grâce à une clause dans le contrat, l’affaire avait pu être annulée et le dossier du parc municipal était donc reparti de zéro. D’où cette consultation citoyenne pour se retrouver en accord avec les habitants de la ville.

PHOTOS : LA GAZETTE EN YVELINES