En début de semaine dernière, le maire limayen communiste Eric Roulot, sa femme et ses deux gendres ont été placés en garde à vue. Ils étaient soupçonnés d’avoir porté plusieurs coups à un homme de 80 ans à Fontenay-Saint-Père le 29 décembre dernier, sur fond d’un conflit de voisinage latent. S’ils ont d’abord nié les faits, ils les ont finalement reconnus lors de leur deuxième journée d’audition.

L’élu, sa femme et l’un de ses gendres comparaîtront devant le tribunal de Versailles le 12 février prochain, pour violences aggravées. L’élu a reçu le soutien de son groupe majoritaire et de nombreux élus de la vallée de Seine. Le groupe d’opposition des Elus à l’écoute des Limayens pour plus de solidarité et d’égalité, a, lui demandé à ce que le conseil municipal prévu ce mercredi 6 février soit reculé au mois de mars, bien après l’audience.

Ce mercredi 30 janvier, après que l’information ait été dévoilée par la presse, Eric Roulot reçoit de nombreuses marques de soutien des élus présents aux vœux de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (voir p.9). A commencer par son troisième adjoint, en charge de l’urbanisme Djamel Nedjar. (DVG) « Cela ne remet pas en cause l’homme qu’il est, ni son action politique, affirme-t-il. Cela aurait pu arriver à n’importe qui. Pour nous (le groupe majoritaire, Ndlr), la question ne se pose pas, car les faits se sont déroulés en dehors de l’exercice de son mandat. » L’adjoint évoque également un homme « attachant, non-violent, avec des qualités humaines ».

Selon nos informations, cette bagarre est intervenue après plusieurs années de conflits latents entre les deux hommes. Le 29 décembre dernier, la famille de l’édile se retrouve au pavillon de Fontenay-Saint-Père pour les fêtes de fin d’année, lorsque la situation a dégénéré. « Il y avait eu des tentatives de dialogue auparavant, sans succès, commente Eric Roulot, ce lundi 4 février. Mais ce soir-là, il y a eu des insultes, des menaces de mort, des propos qui m’ont blessé et qui m’ont fait réagir. »

L’octogénaire, connu pour être désorienté, a reçu une semaine d’incapacité temporaire de travail. En parallèle, une plainte pour menaces de mort a été déposée par la femme de l’édile. En attendant leur audience, l’élu, sa femme et son gendre ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec le vieil homme.

Face à cette actualité, le groupe d’opposition des Elus à l’écoute des Limayens pour plus de solidarité et d’égalité a rédigé une lettre au maire ce dimanche 3 février. Ses membres avaient refusé de répondre aux sollicitations de la presse tant que le jugement ne serait pas rendu, mais dans cette lettre, regrettent qu’un « climat malsain et délétère » en découle. Ils demandent à la majorité municipale de reporter le conseil municipal, prévu ce mercredi, au mois de mars.

« Reculer la tenue du conseil municipal […] bien après le procès permettrait d’avoir un débat plus serein sur le débat d’orientations budgétaires, le budget et le PLUI, qui sont des orientations et des actes importants pour les Limayennes et Limayens », justifient-ils de leurs décisions. Ils préviennent : « Dans l’éventualité où vous ne donneriez pas suite à notre demande, sachez que nous ne siégerons pas. »

Reporter le conseil municipal ne semble pas être à l’ordre du jour. « Il y a des règles qui régissent ça, c’est la présomption d’innocence, tant que l’on n’est pas jugé, on est prétendu non-coupable », réagit le maire. De sa décision, il précise : « C’est une affaire privée, ces événements ne sont pas arrivés à Limay, dans le cadre de mes responsabilités, donc je ne vois pas pourquoi la commune s’arrêterait de vivre parce qu’il y a cette affaire privée. […] il y a assez de sujets sur lesquels on peut exprimer nos désaccords sans profiter de ça.»

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES