Il y a près de deux mois, les lycéens de Mantes-la-Jolie faisaient face à l’une des arrestations les plus spectaculaires des mouvements de contestations qui traversent depuis peu la France. Plus d’une centaine d’élèves rangés au sol, les mains sur la tête, sous surveillance policière, des images choquantes qui ont très vite fait le tour du pays. Imène, Mouna et Jennah scolarisées au lycée Condorcet de Limay et Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie étaient présentes ce jour-là, elles aussi ont fait les frais de ces interpellations.

Imène et Jennah faisaient partie des 151 jeunes interpellés, près de deux mois après la pilule n’est toujours pas passée. « C’était horrible, le plus marquant c’est quand j’ai vu que l’on était plusieurs à genoux par terre, avec des armes face à nous », décrit Imène. Ce jour-là les jeunes filles expliquent comme beaucoup, s’être retrouvées au mauvais endroit au mauvais moment. « Je partais tout simplement en cours et je me suis retrouvée en garde à vue » raconte Jennah.

Pour ces lycéennes entre 15 et 16 ans la garde à vue reste un traumatisme très frais, « on a senti beaucoup de racisme en garde à vue notamment, où les policiers disaient ‘on se croirait au zoo de Thoiry’ » se souvient Imène. Le buzz fait par la vidéo reste pourtant salutaire selon elles, « sans ça personne n’aurait pu voir ce qu’il s’était passé et personne n’en aurait parlé » explique Mouna. En parler, c’est d’ailleurs la solution choisie par leurs professeurs, en débats ou en assemblées générales. « Chacun a pu dire ce qu’il pensait même si c’était cru » raconte Jennah.

Depuis les événements du 6 décembre dernier les jeunes filles sont particulièrement à l’écoute de l’actualité nationale. « Je suis vraiment ce qu’il se passe avec les gilets jaunes et la même chose avec les bavures policières, c’est très important de savoir » explique fièrement Mouna. Cet événement leur a pourtant, donné à toutes, encore plus, l’envie d’atteindre leurs rêves, hôtesse de l’air, psychologue ou infirmière.

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