Lucile Giroussens

« Est-ce que Monsieur aime les chips goût bolognaise ? » La question posée par la juge ce mardi 12 février lors d’une audience du tribunal de Versailles ne semble pas décontenancer le prévenu, âgé de 27 ans qui répond par l’affirmative. Le vingtenaire est soupçonné d’avoir commis plusieurs infractions, à savoir plusieurs tentatives de vol, des violences en état d’ivresse et des insultes envers quatre policiers.

Si la question des préférences alimentaires est importante c’est que l’ADN du prévenu a été retrouvée sur un paquet de chips perdu lors d’une entrée par effraction dans les locaux du Cercle philosophique culturel Condorcet de Mantes-la-Jolie en 2017. « Je pensais que c’était un squat, j’allais y dormir », se défend le prévenu.

Cette trace ADN permettra également de l’identifier sur deux autres faits. En 2016, il avait fracturé une voiture pour y dérober une paire de lunettes. « Je dormais dedans », indique-t-il de la voiture. En septembre 2017, une rixe éclate au foyer Adoma de Gargenville entre le prévenu et un autre homme. « Vous étiez ivre et aviez manifestement l’envie d’en découdre », rappelle la juge des conditions dans lesquelles l’homme a été retrouvé.

A la barre, le vingtenaire reconnaîtra boire « un litre de vodka par jour » et le soir des faits « une flasque de whisky ». Son interpellation sera mouvementée, deux policiers se sont constitués parties civiles pour menaces, coups et insultes. Le prévenu reconnaît les insultes faites aux policiers mais conteste les violences qui lui sont reprochées. Au moment de prendre la parole, la procureure de la République rappellera que l’homme « vit de vols, commet des squats dans des lieux inappropriés » depuis son arrivée en France à la fin 2015 et pointe « un revenu de solidarité alcoolique », en référence au RSA dont l’homme se sert pour acheter sa boisson.

Il est finalement condamné à huit mois de prison ferme avec mandat de dépôt « au vu de ses garanties de représentativité insuffisantes », estime la procureure. Il devra également verser 850 euros de dommages et intérêts aux deux policiers s’étant constitué parties civiles et 200 euros de franchise d’assurance pour l’effraction des locaux du Cercle philosophique culturel Condorcet.

PHOTO : ILLUSTRATION / LA GAZETTE EN YVELINES