Lucile Giroussens

« Aujourd’hui on est arrivé au fond de la piscine, il faut essayer de remonter, de recréer ce cœur de ville, parce qu’une ville qui n’a pas d’activités en son centre, elle meurt petit à petit et ça on ne veut pas. » Tel est le constat posé par le maire méziérois Jean-François Fastré (DVD) mardi 12 février, lors d’une réunion publique, devant environ 70 personnes.

L’objectif de cette réunion était de faire un point et de présenter dans les grandes lignes la première phase du projet de Zone d’aménagement concertée des Fontaines (Zac), qui se construira notamment à l’arrière de l’église Saint-Nicolas, parallèlement à la rue Nationale, axe principal du centre-ville. Parmi les présents, beaucoup se sont inquiétés des sens de circulation proposés, notamment un système de sens unique, et du nombre de places prévues.

Cette Zac des Fontaines a une emprise de 8,5 ha et représentera à termes, 37 000m2 de logements, 500 m² de commerces. Elle comprendra également une crèche, une résidence intergénérationnelle et une bibliothèque-médiathèque. L’un des premiers aménagements majeurs a être réalisé sera la réhabilitation du lavoir situé derrière l’église Saint-Nicolas et la création d’une nouvelle place piétonne, à proximité du parking actuel.

Avec cette disposition, mairie comme Citallios, l’aménageur, espèrent favoriser l’implantation de commerces. « La rue Nationale a quelque chose d’assez confiné, d’assez resserré, on a huit mètres de largeur, ce qu’on appelle un village-rue, un village corridor […] », pose en constat Alexandre Bouton, architecte urbaniste, directeur de l’agence Urban Act. Et de poursuivre sur un manque d’attractivité pour les commerçants : « Les voitures n’ont pas trop de place, on n’a pas trop de vue, pas trop de visibilité. Quand un commerce veut s’installer, il évite, il faut qu’il soit visible, que les voitures puissent s’installer facilement, si jamais elles ne le voient pas qu’elles puissent retourner sur ses pas afin de pouvoir s’installer à nouveau. »

Dans cette nouvelle Zac, le sens de circulation sera ainsi « complémentaire » de celui de la rue Nationale, assure l’architecte. «On ne fait pas une deuxième rue Nationale, insiste-t-il. Il y aura des systèmes de sens uniqueS qui font que si une personne se dit je vais passer par cette rue pour éviter la rue Nationale, il va revenir sur ses pas. Ce sera très bien pour le commerce puisqu’en revenant sur ses pas on empruntera la rue Nationale, par contre pour la personne qui aura voulu gagner du temps ce sera un peu plus compliqué. »

C’est justement cette mise en place de sens uniques qui inquiète les riverains des différents quartiers mézièrois. « Je n’ai pas bien vu l’articulation des mobilités avec le reste du village, avez-vous des précisions », commence l’un d’entre eux. « Nous avons travaillé sur les sens de circulation pour qu’on ne puisse pas prendre les nouvelles rues pour éviter la rue Nationale », lui répond Alexandre Bouton. « Concrètement, on passe par où quand on rentre dans la Zac, quand on sort par la rue Nationale, on rentre et on sort par où ? Là il n’y a rien de clair, on reste sur notre faim», enchaîne une autre. « On est en sens unique à chaque fois. Il y a une rue qui vient en continuité à l’arrière, ensuite il y a des rues qui viennent se brancher sur la rue Nationale qui viennent en continuité des percements existants », complète Alexandre Bouton.

Sans convaincre toutefois les riverains de la rue Nationale. « Nous nous sommes réjouis, en tant que riverains de cette rue, de cet aménagement [en sens unique], abonde une riveraine. Ce qui m’inquiète fort c’est que dans votre découpage et le croisement de toutes ces avenues, […] c’est multiplier par combien la circulation automobile et où vont se garer les voitures ? »

Le stationnement est également une autre préoccupation des Mézièrois présents, en particulier lorsque Jean-François Fastré leur précise que la première phase comprendra « entre 330 et 350 logements » pour « 50 places extérieures ». Avant de devancer les critiques : « Ca n’aura échappé à personnes que le fait de construire des logements cela va amener des habitants et donc des voitures, ce problème-là existe partout. » Tout cela semble « très léger » pour un autre riverain. Il ajoute : « Trois-cent cinquante logements, cela représente 20 à 25 % des logements existants à Mézières. Il aurait fallu augmenter le nombre de places de 50 à 60 %. »

CREDIT PHOTO : INSTAGRAM MAYRA ANDRADE OFFICIEL