Au soir du 18 février dernier, la cantine de l’école Robert Fournier était comble. Et pour cause, une réunion municipale du quartier de la Coudraie était organisée, la première depuis mai 2017 (voir encadré). Environ 200 personnes étaient présentes afin d’évoquer ses différents problèmes, et en premier lieu, celui, récurrent, du stationnement public. Des solutions ont été présentées par l’aménageur Grand Paris aménagement : il propose d’ajouter 106 places de stationnement en surface, celles-ci passant alors de 137 à 243 dans le quartier au renouvellement planifié pour 900 logements.

Si certaines propositions ont emporté l’adhésion des riverains, ces derniers semblent beaucoup circonspects sur d’autres. Parmi les solutions les plus simples et rapides à réaliser, proposées lors d’une réunion entre mairie et aménageur le 7 février dernier : un parking supplémentaire sur une ex-parcelle de la Société d’autoroute Paris-Normandie, et un autre rue de Montchauvets, en prévision d’une voie de prolongement vers Villennes-sur-Seine (voir notre édition du 13 février).

D’autres pistes ont été évoquées le 18 février. « Nous pouvons aussi implanter des places en longitudinal au niveau du bâtiment Bouygues encore en construction, poursuit Anne-Sophie Risch, chargée d’opérations pour GPA. Il est aussi possible, sous réserve d’accord des pompiers, de créer des places au bout de la voie de retournement. »

« C’était le foutoir complet, je n’en veux pas de ça », assène un riverain, faisant référence à un moment du chantier où le stationnement était autorisé dans cette allée.

Les premières protestations se font entendre lorsqu’est évoquée la création de places dans l’allée Christiane Herblot, actuellement interdite à la circulation. « C’était le foutoir complet, je n’en veux pas de ça », assène un riverain, faisant référence à un moment du chantier où le stationnement était autorisé dans cette allée. Une mère de famille abonde : « Quand on a signé chez le notaire, on a signé pour avoir une allée piétonne où les enfants pouvaient jouer sans se préoccuper des voitures. »

Ce stationnement serait toutefois proposé d’un seul côté, le droit lorsqu’on descend l’avenue. Mais avec la présence de bouches à incendie, les places seront conditionnées à l’accord de la commission sécurité. « Il faut qu’on prenne le sujet à bras le corps et faire en sorte qu’il y ait le moins de nuisances par rapport à aujourd’hui, je crois que c’est difficilement pire », insiste le maire pisciacais Karl Olive (LR).

Concernant les interventions pour stationnements gênants, il laisse la parole au chef de la police municipale. « En 2018, sur le quartier, il y a eu 55 appels, détaille ce dernier. Nous avons répondu à ces appels, nous avons fait 26 contraventions. » Il précise également que neuf voitures-ventouses ont été enlevées et que depuis le début de l’année 2019 « 16 véhicules sous surveillance ».

Pour les habitants, un autre problème semble se poser avec la livraison de la future crèche et de la salle polyvalente. « J’étais là quand les plans ont été présentés, on parlait d’une centaine de places », note une riveraine. Un chiffre que dément Eric Richard, architecte du projet : « Il y aura 30 places, dont deux aménagées pour les voitures électriques. Ce parking a été conçu pour accueillir le personnel d’exploitation de la crèche. » Une riveraine, pessimiste, prédit : « Il y aura encore des soucis. »

Une réunion demandée par l’association des habitants

Lors de la première des réunions consacrées au grand débat national, le 29 janvier dernier au forum Armand Peugeot, la représentante des locataires de France habitation et secrétaire de l’Association socio-culturelle et du logement de la Coudraie avait interpellé le maire sur l’absence de réunion publique dans le quartier depuis près de deux ans. Elle a déploré l’absence de dialogue au soir de la réunion du 18 février.

« La dernière réunion remonte à mai 2017, avait-elle fait remarquer à l’édile. Nous avons attendu, nous avons eu des inaugurations mais pas de réunion publique, je suis un peu surprise et déçue. » En réponse, Karl Olive (LR) lui avait déclaré : « Sur le quartier de la Coudraie, ce n’est pas une réunion depuis mai 2017, mais six et bientôt sept depuis 2014 qui ont eu lieu. Vous êtes le quartier où il y a eu le plus de réunions publiques tout simplement parce qu’effectivement, il y a de l’actualité à la Coudraie. »

« Je voudrais juste savoir pourquoi, aujourd’hui, il y a ces solutions qui nous sont apportées, alors que depuis deux ans, on se rencontre, fait remarquer quelques jours plus tard, le 18 février, la représentante des locataires. Ce problème était déjà bien existant. » En réponse, l’édile rétorque : « On est là ce soir pour trouver des solutions, pour communiquer sur des solutions, arrêtons de communiquer sur les problèmes, parce que c’est aussi cela qui nous monte les uns contre les autres. » Des propos de la représentante appelant les différentes parties à s’entendre, il constate : « Je note que vous voulez qu’on travaille main dans la main, on ne demande que ça. »

PHOTOS : LA GAZETTE EN YVELINES