L’ exaspération se fait un peu plus sentir chaque jour sur la branche Cergy du RER A, où ont été enregistrées 106 694 montées quotidiennes entre Cergy-le-Haut et la gare d’Achères-Ville. Avec le retard de neuf mois pris par le chantier de la quatrième voie en gare de Cergy-le-Haut (Val-d’Oise) démarré en février 2017, cette dernière ne sera mise en service qu’en septembre.

Vingt-huit semaines de coupures sont prévues, entraînant la suppression des trains à partir de 21 h 30 entre les gares d’Achères-Ville et de Cergy-le-Haut. Des suppressions commençant certains soirs dès la gare de Nanterre-Préfecture. Bus de substitution bondés, allongement du temps de parcours, … Pour la branche francilienne de la Fédération nationale des associations d’usagers de transports (FNAUT), la situation devient intenable.

« Ce ne sont pas tant les travaux de génie civil, la quatrième voie elle est posée, mais le problème c’est la partie signalisation, les tests n’ont pas été concluants », détaille du contexte Marc Pélissier, président de la FNAUT Île-de-France. Mise en service, cette quatrième voie permettra le retournement des Transiliens de la ligne L et du RER A et d’« absorber les retards et donc de fluidifier le trafic en facilitant les demi tours en bout de ligne » détaille dans un billet du blog du RER A datant d’octobre 2017.

Députée de la sixième circonscription, Natalia Pouzyreff (LREM) a écrit au préfet de Région le 20 février dernier. « Le nouveau délai annoncé il y a une quinzaine de jours pose une question majeure sur la capacité matérielle et humaine de SNCF réseau à réaliser en temps et en heure l’ensemble des chantiers programmés dont le nombre va croissant », y écrit-elle.

« L’intérêt des travaux n’est pas contesté, ce qui l’est, ce sont les impacts qui viennent à la suite d’une longue période, insiste Marc Pélissier. Cela fait un moment qu’il y a des travaux et des fermetures fréquentes sur la branche de Cergy, les usagers pour l’instant n’en n’ont pas vu les effets positifs. On a l’impression que c’est en travaux perpétuels et que ça ne règle rien. »

Des travaux qui ont une incidence directe sur les conditions de transports. « Les retours qu’on a c’est que comme en temps normal c’est déjà bien chargé, il suffit de petits incidents pour que les gens ne puissent plus monter dans les trains, poursuit Marc Pélissier, on a un système qui est en limite de capacité. […] On attend quand même des gains liés à cette quatrième voie. »

Des bus de substitution sont mis en place, au départ de Sartrouville ou de Nanterre-préfecture. « Les retours font état que c’est blindé, que c’est long, on est quand même sur un allongement d’une heure du temps de parcours, souligne le président de la FNAUT Île-de-France. Il y a aussi parfois des problèmes avec les chauffeurs qui ne connaissent pas les itinéraires. »