Mantes-la-Jolie, une ville « en voie de normalisation » en ce qui concerne les crimes et délits ? C’est ce qu’a laissé entendre le commissaire Arnaud Verhille, chiffres à l’appui, lors de la réunion publique qui s’est tenue le jeudi 21 février, à l’initiative de la municipalité, sur le thème de la sécurité.

Ce soir-là, en présence d’une centaine d’habitants ayant fait le déplacement jusqu’à l’espace Paul Bert, le chef du commissariat de police mantais a ainsi tenu à tordre le cou à une idée reçue sur le sentiment d’insécurité qui colle parfois à la commune. Pourtant certaines voix se sont élevées au sein de la salle pour exprimer leur ras-le-bol face aux incivilités dont ils sont victimes quotidiennement.

« J’ai connu cette ville il y a 12 ans, je travaillais déjà sur le département lorsque j’étais un jeune commissaire, rappelle Arnaud Verhille. Et Mantes-la-Jolie faisait un peu partie des territoires emblématiques dans l’histoire et la culture policière. On rêvait tous d’y travailler pour y faire nos armes. Je reviens 12 ans après, je ne vais pas vous dire que je suis déçu de ne pas avoir assez de travail mais pourtant… », indique celui qui a pris ses fonction le 28 mai dernier.

Ainsi, selon le chef de la police, la ville est en « voie de normalisation » en ce qui concerne les crimes et délits. « A Mantes-la-Jolie, on constate, en 2018, 2 440 crimes et délits. En 2014, il y en avait pratiquement 1 000 de plus  […]. Sur un plan strictement mathématique, ce secteur géographique est en-dessous de toutes les strates nationales en terme de taux de criminalité, c’est-à-dire du nombre d’infractions rapporté au nombre d’habitants », avance-t-il.

Le fonctionnaire tient à saluer le travail de son équipe, et notamment des 55 officiers de police judiciaire qui sont chargés de traiter les plaintes, avec un résultat probant selon lui. « En 2018, 48 % des crimes et des délits constatés ont fait l’objet d’une identification du ou des auteurs présumés et donc d’une convocation en justice, fait-il remarquer. J’en suis assez fier. »

Pourtant, si les crimes et délits sont en baisse, certains problèmes demeurent. Une femme présente dans la salle interpelle ainsi le maire Raphaël Cognet (LR) et les responsables des forces de l’ordre : elle déplore que des voitures soient toujours régulièrement brûlées dans le secteur des Musiciens, au coeur du quartier du Val Fourré.

Une autre habitante met en avant de fréquents regroupements rue Planty, à deux pas de la gare. « Je m’occupe de l’association Oppelia, qui est un point d’écoute pour les parents et les jeunes qui viennent rencontrer des psychologues, explique-t-elle de ce centre spécialisé dans le traitement des addictions. Il y a régulièrement des attroupements de 20 à 25 personnes dans la rue. Des jeunes qui venaient chez nous ont parfois été intimidés par ces gens-là, qui en plus consomment des stupéfiants. » Ce à quoi lui répond Arnaud Verhille : « Après trois semaines de surveillance et d’enquête, rien ne nous a permis d’établir qu’il y avait un trafic de drogue », détaille-t-il.

Le commissaire de police admet toutefois un sentiment d’impuissance face à certaines incivilités. « Il y a des choses que l’on ne sait pas bien gérer, notamment les conflits de voisinage, les regroupements des jeunes le soir en bas des immeubles, admet Arnaud Verhille. Ce délitement des comportements individuels n’a jamais été vraiment prévu par le législateur. En tant que policiers, on est souvent démunis face à ces situations, car la loi ne nous permet pas d’agir. Ces incivilités sont quasiment les signalements les plus nombreux que j’ai à gérer, bien plus que les crimes et délits pour lesquels nous avons des outils répressifs… »