Un Centre national de l’arbitrage et du bénévolat (CNAB) devrait voir le jour à Poissy d’ici 2021, à l’initiative de la municipalité comme de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), selon un récent appel d’offres passé pour définir une étude de programmation. Il sera situé dans l’emprise foncière du complexe sportif Marcel Cerdan, entre l’hôpital et le futur centre d’entraînement du PSG. Les travaux devraient démarrer en février 2020 pour une inauguration en septembre 2021.

Le montant de l’investissement nécessaire n’est pas encore connu. Mais l’ambition est très élevée : logements pour les arbitres et structure de restauration, locaux dédiés aux formations, équipements sportifs de haut niveau, stade et gymnase sont ainsi au programme. Ce dernier pourrait également intégrer un centre de recherche dédié à l’arbitrage, un incubateur de start-up dédiées au monde sportif, ainsi qu’un observatoire des incivilités, de plus en plus communes dans le sport amateur.

Le lieu devrait également permettre aux volontaires des Jeux olympiques parisiens de 2024 de venir s’y préparer avant la compétition. Pour les partenaires du projet, parmi lesquels le Comité national olympique et sportif français et l’Association française du corps arbitral multisports (Afcam), l’initiative est plutôt bien perçue, arbitres et bénévoles ne disposant pas d’un lieu propre au niveau national pour y suivre des formations.

Ce constat est ainsi tant celui de la communauté urbaine dans sa présentation du projet, que celui de Patrick Vajda, président de l’Afcam. « En dehors de peut-être quelques grosses fédérations dans le football, les arbitres sont, dans la plupart des cas, extraordinairement mal lotis, parce qu’ils n’ont pas d’installations spécifiques aussi bien pour se former, s’entraîner, etc. », précise ce dernier.

« Les arbitres sont généralement formés et atteignent un certain niveau par leur fédération, et ces arbitres viennent ensuite nous voir pour avoir un certain nombre de compléments de formation, dont une méthodologie spécifique telle que la communication, par exemple, la gestion du stress, complète-t-il de la formation reçue actuellement par les arbitres. Mais là, ça touche une frange qui concerne les arbitres nationaux en devenir international. »

Le fait que ce projet soit porté par la municipalité et GPSEO est également un atout pour Patrick Vajda. « Ils ont été frapper à la porte des fédérations, dont beaucoup étaient extrêmement positives, je trouve ça très intéressant, détaille-t-il de la naissance de ce projet resté jusque-là fort discret. L’avantage de travailler avec une municipalité et une communauté urbaine c’est qu’on a un terrain, des possibilités d’investissement que moi, je n’ai absolument pas. Avoir l’idée c’est bien, avoir les finances c’est mieux. »

En France, tous sports confondus, 246 000 arbitres et 3,2 millions de bénévoles ont été recensés. Concernant les événements proposés dans cet espace situé sur les hauteurs de Poissy, à proximité de l’autoroute A13, « tous les scénarios possibles et imaginables sont envisagés », souligne le président de l’Afcam, évoquant des réunions de formation et des commissions d’arbitrage.

Il sera situé dans l’emprise foncière du complexe sportif Marcel Cerdan, entre l’hôpital et le futur centre d’entraînement du PSG. Les travaux devraient démarrer en février 2020.

Le lieu pourrait également aider certaines fédérations sportives manquant de moyens. « Il y a des fédérations qui n’ont pas de salle de réunion, et donc, les commissions d’arbitrage se réunissent n’importe où, précise Patrick Vajda. Là, cela permet de se réunir dans un lieu qui est dédié, qui est fait pour, qui a des installations informatiques et des écrans, et qui permet de faire un travail beaucoup plus rapide et de plus grande qualité. »

Dans son appel d’offres, la communauté urbaine affiche clairement son ambition. « Le lieu accueillera le siège de la Fédération internationale d’arbitrage », assure-t-elle. Devraient ainsi être installés, en tant qu’infrastructures sportives, « un gymnase de dimension régionale ou nationale, un stade, une piste d’athlétisme ». L’étude de programmation du marché aura également pour vocation de déterminer le coût que représente un tel équipement.

Ryder Cup, Coupe du monde de football féminine, Coupe du monde de rugby et bien sûr Jeux olympiques sont autant d’échéances qui, selon GPSEO, donnent de l’importance à la création de cet équipement. « Les Jeux olympiques et paralympiques seront sans nul doute un formidable créateur de vocations », poursuit-elle dans sa présentation.

Elle argue ainsi que « l’arbitrage/jugement et le bénévolat peuvent également permettre d’inculquer aux jeunes des valeurs et des compétences multiples tels que médiation, concentration, confiance en soi, respect des règles, cohésion d’équipe ». Dans ce cadre, l’Union nationale du sport scolaire est aussi associée au projet.

Pour GPSEO, il était cependant nécessaire de trouver un terrain adéquat situé à proximité des différents sites olympiques retenus, comme le Vélodrome national de Montigny-le-Bretonneux, mais aussi proche d’une gare. « Il fallait que ce soit en quartier prioritaire de ville, face à un hôpital, à Poissy on a ça, on a du foncier sur le complexe Marcel Cerdan qui nous permettra d’accueillir ce centre national d’arbitrage et du bénévolat », appuie l’édile pisciacais Karl Olive (LR) du lieu d’implantation de ce centre national de l’arbitrage et du bénévolat. Il sera donc également situé à proximité du futur centre d’entraînement du Paris-Saint-Germain.

« L’objectif de cet appel d’offres a donc pour but de trouver un assistant maître d’ouvrage […] pour nous dire quelle est la surface, quel est l’emplacement idéal, avec de l’hébergement. » Avec pour objectif que le site soit prêt avant les Jeux olympiques de 2024, « pour permettre notamment à tous les volontaires de venir se préparer ici à Poissy ».

Ancien journaliste sportif, passionné de sport, Karl Olive voit en la construction de ce centre un « Clairefontaine » de l’arbitrage et du bénévolat, en référence au célèbre centre d’entraînement de la Fédération française de football. La programmation du futur centre national de l’arbitrage et du bénévolat devra être établie pour la fin de l’année, au plus tard pour le début de 2020, selon le calendrier établi par la communauté urbaine. L’objectif est que les travaux démarrent en février 2020 prochain pour s’achever à l’été 2021.

Sera également étudiée la possibilité d’implanter un « centre de recherche et d’innovation sur l’arbitrage » afin de créer un pôle complet autour de l’arbitrage. Ce centre comprendrait « un incubateur de start-up, un observatoire national sur les incivilités », complète la présentation de la communauté urbaine issue de son appel d’offres.

Avec cette implantation, Grand Paris Seine et Oise espère ainsi une meilleure « reconnaissance et une valorisation du corps arbitral ». Les locaux, prêtés aux fédérations et associations, permettraient une « mutualisation des coûts » de fonctionnement de l’équipement. La communauté urbaine fait également le constat que « la majorité des arbitres n’a pas de préparation physique encadrée ».

Une formation « fédérale » sera donc proposée, basée sur l’aérobie vitesse (efforts d’endurance, Ndlr), sur l’explosivité (la capacité d’un muscle de déclencher une contraction maximale dans un temps le plus court, Ndlr), et enfin sur la récupération. Hors du cadre fédéral, à titre individuel ou collectif, « une préparation physique et mentale aux grandes compétitions » sera également proposée, de même que des « stages de pré-rentrée » durant l’été. À l’approche des compétitions d’envergure, les logements créés sur le site pisciacais « pourront être mis à disposition des sélections étrangères souhaitant effectuer leur préparation en amont ».

Si Patrick Vajda, le président de l’Association française du corps arbitral multisports, se félicite que certaines fédérations aient « déjà apporté leur soutien au projet », il reconnaît que des oppositions pourraient naître entre les fédérations et ce centre national d’arbitrage. « Chaque fédération a son propre pouvoir sur les arbitres, on s’oriente vers des discussions entre la fédération nationale qui cherche à garder ses arbitres, et de l’autre le centre national qui veut faire quelque chose pour eux », résume-t-il des discussions en cours comme à venir.