En juillet 2017, La Gazette rapportait qu’Adoma (ex-Sonacotra, Ndlr) avait été désigné pour gérer des hôtels Formule 1 de Magnanville, Achères et Conflans-Sainte-Honorine. Si ces deux derniers ont été recensés comme structures de premier accueil pour les demandeurs d’asile, l’établissement magnanvillois, lui, est devenu un Centre d’hébergement et d’accompagnement social (CHAS). L’hôtel était déjà dédié à accueillir des personnes orientées par le Samu social. Par cette reprise en main, Adoma veut améliorer l’accompagnement social des personnes hébergées.

Des travaux ont été entrepris dans les chambres et les parties communes, afin d’offrir des conditions de vie plus dignes aux 110 personnes hébergées. Alors qu’il avait dénoncé l’insalubrité du Formule 1, le maire Michel Lebouc (DVG) s’est montré satisfait lors d’une visite fin janvier. Il n’exclut cependant pas de réitérer ses visites pour regarder si les engagements sont tenus.

Parmi ces engagements figurait notamment la présence renforcée d’intervenants. « Nous avons gardé le même concept de mise à l’abri des familles dans le besoin, souligne Julien Ars, directeur territorial des Yvelines pour Adoma. Notre premier travail a été d’effectuer un diagnostic auprès des personnes hébergées pour pouvoir les orienter, le cas échéant, vers des structures plus adaptées. »

Du suivi précédent et de la difficulté de le poursuivre, Julien Ars détaille : « À l’époque, des intervenants se déplaçaient deux fois par mois puis repartaient. Cela n’a pas été forcément facile de le faire accepter, les résidents avaient l’habitude d’être suivis de loin. » Depuis le rachat, « nous avons une présence sept jours sur sept », se félicite le directeur territorial. Quatre agents sont ainsi présents de 7 h à 21 h toute la semaine, ainsi que deux travailleuses sociales du lundi au vendredi.

« En 2017, j’avais dénoncé les mauvaises conditions d’hébergement. […] On s’était aussi aperçus qu’il y avait des bestioles dedans et j’en passe, s’en indigne encore le maire magnanvillois Michel Lebouc. Il y avait des gens qui vivaient dans des chambres de 7 m2, à cinq ou six dedans. » En juillet 2017, l’édile avait demandé à ce que l’Établissement public foncier d’Île-de-France (Epfif) de préempter. « J’avais proposé qu’on fasse un bail de quatre à cinq ans dans l’attente d’un futur projet, comme cela, ça nous permettait d’avoir un regard sur le logement », précise l’élu.

« Dès le rachat, nous avions toutefois installé dans les chambres des frigos, des petites armoires, pour améliorer les conditions de vie », complète Julien Ars, directeur territorial des Yvelines pour Adoma.

Tant que cette préemption n’ était pas levée, impossible pour Adoma d’engager des travaux. « Dès le rachat, nous avions toutefois installé dans les chambres des frigos, des petites armoires, pour améliorer les conditions de vie », complète Julien Ars. Une fois la préemption levée, à la fin de l’année 2018, les parties communes ont pu être réaménagées en différents espaces de vie.

Cuisines, laverie, ainsi que bureaux, salles de jeux et d’animation pour l’aide aux devoirs ou des cours d’alphabétisation ont notamment été créés pour les 110 personnes hébergées. « Le but était de donner des repères, insiste Julien Ars. Par exemple dire aux enfants qu’on ne joue pas dans la chambre mais dans la salle de jeux. On rappelle aussi que les enfants ne doivent pas être seuls dans les couloirs. » De nouveaux travaux concernant le remplacement des sols et le ravalement des façades sont aussi à prévoir.

« En arrivant ici, les personnes signent un contrat de trois mois renouvelables, explique de l’arrivée dans les locaux le responsable d’Adoma. Tout en sachant que notre objectif, c’est qu’ils partent dans les six à 12 mois suivant leur arrivée, que la famille soit actrice de son projet. » Un accompagnement dont se satisfait Michel Lebouc : «  J’ai moins de remontées de voisinage et des personnes qui sont hébergées. » D’une visite effectuée à la fin du mois de janvier, il ajoute : « Je leur avais dit que je reviendrai, je suis revenu, j’ai constaté qu’il y avait des évolutions, maintenant je leur ai dit que je reviendrai, parfois à l’improviste. »