Depuis les locaux de la société EMC à Achères, Igor Turevsky, le fondateur de la start-up Antismog, affiche un large sourire en cette fin d’après-midi du jeudi 14 février. Au sein de l’accélérateur de start-up Route 26, inauguré en grande pompe ce jour-là, l’entreprise EMC, spécialisée dans la recherche et le développement de solutions de mobilité à destination des grands groupes automobile, aéronautique ou ferroviaire, va mettre à disposition de la jeune pousse tous les moyens techniques lui permettant de développer son projet.

Contrairement à la pépinière d’entreprises Inneos à Buchelay, dédiée principalement au secteur tertiaire ainsi qu’à l’artisanat, l’incubateur Route 26, situé comme l’entreprise qui l’a créé au sein de la zone des Communes, s’inscrit dans un environnement industriel. « Notre volonté est de progresser. EMC dispose de bancs d’essais, d’analyseurs de gaz, de dynamomètres, c’est-à-dire de tout l’équipement qui va nous permettre de développer notre technologie », assure Igor Turevsky.

« Nous, en tant que start-up, on n’a pas les moyens financiers d’investir dans une base de recherches et de tests comme ici », admet l’homme de 49 ans d’origine russe. Car la structure Route 26 dispose d’un ensemble d’équipements de pointe avec 31 bancs d’essais, des ateliers d’usinage et de montage ainsi que des laboratoires (moteur et ­logiciels, Ndlr).

A travers l’accélérateur de start-up « Route 26 », l’entreprise EMC va mettre à disposition d’Igor Turevsky tous les moyens techniques pour développer son projet.

Autant d’éléments qui doivent permettre à cette jeune entreprise innovante, déjà implantée en Angleterre depuis 2014, de développer en France sa technologie « hydrogen-boost », espère son patron Igor Turevsky. « Aujourd’hui, les vieilles voitures notamment les diesels polluent beaucoup et sont peu adaptées aux milieux urbains », rappelle le chef d’entreprise.

Face à ce constat, le fondateur d’Antismog est parti d’une idée simple. « Notre solution est d’ajouter dans le moteur thermique une petite quantité d’hydrogène et ainsi de réduire à la fois l’émission de particules fines et l’oxyde d’azote pour le rendre moins polluant, détaille Igor Turevsky. Ce n’est pas une solution magique mais nous avons déjà des résultats assez intéressants. »

Pour développer son projet, il va pouvoir bénéficier pendant plusieurs mois du savoir-faire d’EMC. À terme, une fois son prototype viable et validé, il compte bien vendre sa technologie : « À des propriétaires de flottes de véhicules comme les sociétés de livraison, les taxis… puis ensuite à des constructeurs automobiles », conclut-il.