Une nouvelle étape s’apprête à être franchie dans l’avancement du dossier du Campus PSG. Lancée le 18 février dernier, l’enquête publique concernant l’implantation de ce futur centre d’entraînement de 74 hectares, situé sur les Terrasses de Poncy en 2021, se terminera ce vendredi 29 mars. Une permanence sera d’ailleurs tenue par les commissaires-enquêteurs en mairie de Poissy à cette date.

« Il y a eu peu de participations, notait la semaine dernière le maire pisciacais Karl Olive (LR). Pour moi c’est bon signe, cela veut dire que les gens comprennent le projet, que les principales inquiétudes ont été levées. » Dans ce dossier de plus de 10 000 pages, le projet est présenté dans les moindres détails. Y sont notamment évoqués le projet architectural et la question de la pollution des sols et de l’air. Contacté, le club n’a pas répondu à nos sollicitations en évoquant son nécessaire silence tant que l’enquête publique est en cours d’instruction.

Cette enquête publique porte sur cinq points dont « la demande d’autorisation environnementale, les autorisations de construire du Campus Paris-Saint-Germain, la réalisation des travaux et la décision d’ouverture et de classement de la nouvelle voie d’accès reliant la RD 113 au hameau de la Bidonnière ». L’un des éléments les plus notables repose sur la très forte végétalisation du site, tant au niveau des espaces extérieurs que des toits des différents ­bâtiments.

Le club insiste également sur l’attention accordée aux toitures de certains bâtiments, conçues comme des terrasses, qui seront « partiellement végétalisées avec une végétalisation herbacée ou arbusive ».

Le programme immobilier se décompose en deux parties. La première, baptisée centre d’entraînement et de formation, comprendra notamment « un centre d’entraînement des professionnels du football masculin, un centre d’entraînement des professionnels et de formation du handball masculin, un bâtiment du judo (voir encadré), un centre de formation […], une école de football et une Ecole Rouge et Bleu de la fondation Paris Saint-Germain […] ». La deuxième partie prévoit, elle, la construction d’un stade de 5 000 places « dont 3 307 assises », d’un parking extérieur de 864 places et sept commerces.

Pour l’ensemble des infrastructures, le club insiste sur « une intégration harmonieuse avec le paysage », ainsi qu’une large part donnée aux espaces verts. Le Paris Saint-Germain insiste notamment sur la création de « plus de 30 ha » d’« espaces verts de pleine terre aux fonctions multiples (pépinière, potager, espaces boisés, espaces de circulations paysagers, etc.) dans le but de créer un campus aéré favorisant le lien avec la nature pour les équipes comme pour les visiteurs ».

Dans le dossier d’enquête publique, le club insiste également sur l’attention accordée aux toitures de certains bâtiments, conçues comme des terrasses, qui seront « partiellement végétalisées avec une végétalisation herbacée ou arbusive ». Le terrain couvert aura, lui, une toiture en membrane dite EPDM (utilisée notamment pour l’étanchéité des piscines, Ndlr), et les bâtiments de la Fondation Paris-Saint-Germain seront, eux, recouverts d’une toile tendue.

Plusieurs bâtiments restent à démolir, parmi lesquels plusieurs maisons et entreprises, mais également les actuels locaux de la fourrière. Les études menées sur font état « de pollutions avérées ou potentielles » dans les sols concernés.

Le stade, d’une emprise au sol de 14 000 m², est quant à lui défini comme un « bâtiment signal », d’entrée sur les lieux, visible depuis les autoroutes A13 et A14. Il est destiné à « habiter une partie du site, soumise à des contraintes de bruit ». Il accueillera les matchs de l’équipe de football féminine et de l’équipe réserve du PSG.

Le choix d’implanter cet équipement à l’entrée du site fait suite aux études menées sur la pollution de l’air. La proximité avec l’A13 entraîne ainsi « une exposition aux émissions polluantes […] supérieures aux valeurs limites, pendant la pratique sportive de sucroît ». Pour « protéger » la santé des joueurs et des employés, le club a ainsi fait le choix de construire les terrains le plus loin possible des axes routiers, afin « d’éloigner les zones aux usages les plus sensibles » et de « minimiser les émissions de polluants ­supplémentaires ».

Plusieurs bâtiments restent à démolir, parmi lesquels des maisons et entreprises, mais également les actuels locaux de la fourrière. Les études menées sur site font état « de pollutions avérées ou potentielles » dans les sols concernés. Des dépassements de seuils de plusieurs métaux lourds, comme le plomb, le zinc ou le mercure ont été identifiés. Cette pollution peut atteindre les populations présentes sur le Campus de trois manières selon le club : par « contact direct, inhalation de l’air intérieur et extérieur et consommation de végétaux cultivés sur site ».

Pour restreindre cette pollution, « des mesures d’évitement ont été définies ». Elles comprennent notamment le « confinement d’une partie des terres polluées », ainsi que le « recouvrement pérenne des terrains en place ». Enfin, les terres qui ne pourront être réutilisées seront excavées vers « des filières de traitement spécialisées ».

Des incertitudes sur la venue du judo ?

Dans un article mis en ligne le 8 mars dernier, L’Equipe interroge sur la future venue du club de judo parisien au sein du centre d’entraînement. « Djamel Bouras, le président du PSG judo, s’interrogerait sur l’opportunité de s’installer à Poissy, écrit le quotidien sportif. Le champion olympique de judo en 1996, proche de Nasser al-Khelaïfi, aimerait créer un très grand dojo ailleurs pour accueillir la section judo parisienne mais aussi des judokas de tout âge, selon un salarié parisien, impliqué dans le dossier. » Le Paris-Saint-Germain n’a pas répondu officiellement. Cependant, dans un communiqué de presse daté du 13 mars 2019 et accompagnant le rapport d’activité 2018 du club, il indique toujours : « Aujourd’hui le Club prépare l’avenir. Il s’est lancé dans la construction du nouveau Paris Saint-Germain Training Center sur un site de 74 hectares à Poissy qui permettra à partir de 2021 d’accueillir l’équipe première du Club, les footballeurs en devenir ainsi que les équipes et les centres de formation des Paris Saint-Germain handball et judo. »

Rénover la chapelle de la Maladrerie grâce au loto du patrimoine

Elle est située le long de la RD113 et du futur centre d’entraînement et est en bien mauvais état. Selon Le Parisien, la municipalité pisciacaise a décidé de déposer un dossier de candidature pour la prochaine édition du loto du patrimoine 2020, afin d’obtenir des financements pour pouvoir rénover l’édifice religieux datant de la fin du XIème siècle. Selon le quotidien francilien, l’un des murs, soutenu par des contreforts en bois, risque de s’écrouler, la toiture est dégradée et à l’intérieur, plusieurs fissures sont constatées. Le coût du chantier, qui s’annonce long, est actuellement en train d’être étudié.

Crédits photo : WILMOTTE ET ASSOCIES