L’actuel président de l’association Othmane Ibn Affane, Lahoucine Oumoulli, est désormais poursuivi par le parquet de Versailles pour dénonciation calomnieuse, produite alors envers son prédecesseur M’Hamed Rabiti, acccusé de graves malversations financières dont il vient d’être blanchi par la justice. Seul l’architecte a en effet été mis en examen. L’ancien président se porte partie civile dans la nouvelle procédure dont l’audience tenue ce lundi a établi un renvoi au 21 octobre prochain.

« Cette audience sera l’occasion de rétablir l’honneur de M. Rabiti, qui a été gravement atteint pendant près de deux années, alors même qu’aucune infraction ne saurait lui être reprochée », témoigne ce lundi Maître Robin Binsard, avocat au barreau de Paris et l’un des deux défenseurs de l’ancien président. Lahoucine Oumoulli, placé en garde à vue dans le cadre de cette procédure en dénonciation calomnieuse, n’a pas répondu aux sollicitations de La Gazette.

L’association Othmane Ibn Affane gérait entièrement le chantier de la mosquée du secteur des Musiciens, au Val Fourré (officiellement ouverte l’an dernier, Ndlr), jusqu’à sa reprise en main par le Royaume du Maroc, désormais propriétaire. En septembre 2016, Lahoucine Oumoulli évinçait le président d’alors, arguant notamment de graves malversations financières, accusation qu’il matérialisait par une plainte en justice pour un « abus de confiance » portant sur 3,5 millions d’euros de dons des fidèles, ainsi que de « faux en écriture privée » au préjudice de l’association.

L’association Othmane Ibn Affane gérait entièrement le chantier de la mosquée du secteur des Musiciens, au Val Fourré, jusqu’à sa reprise en main par le Royaume du Maroc, désormais propriétaire.

« Après deux années d’investigations, les services du procureur de la République de Versailles ont conclu qu’aucune charge n’existait à l’encontre de M’Hamed Rabiti », indiquent dans un communiqué Maîtres Binsard et Abbou Cohen. Mais le parquet de Versailles, fait plutôt rare, a décidé, compte tenu de la gravité des accusations, de lancer une procédure en dénonciation calomnieuse envers son successeur.

Par ailleurs, selon des sources proches du dossier, l’architecte de la mosquée aurait de son côté été mis en examen dans le cadre de l’instruction. Peu avant de perdre la direction de l’association, M’Hamed Rabiti l’accusait d’avoir sollicité pour le chantier une entreprise générale en laquelle il n’avait pas confiance. L’homme fut cependant ensuite reconduit dans ses responsabilités par un Lahoucine Oumoulli devenu président de l’association.

Droit de réponse de Lahoucine Oumoulli, 17 avril 2019

Dans un article paru le 27 mars 2019, il est affirmé que « l’actuel président de l’association Othmane, M. Oumoulli, est désormais poursuivi par le parquet de Versailles pour dénonciation calomnieuse contre son prédécesseur, M. Rabiti, accusé de graves malversations financières dont il vient d’être blanchi par la justice ».

Monsieur Oumoulli, régulièrement élu en 2016, à la suite de l’éviction de M. Rabiti, dans le strict respect des statuts, au terme de décisions des organes de direction entièrement validées par la justice par une ordonnance du président du tribunal de grande instance de Versailles du 25 janvier 2017, a, le 9 septembre 2016, avec trois autres des nouveaux dirigeants, déposé entre les mains du procureur de la République de Versailles une plainte circonstanciée, contre M. Rabiti et tous autres, notamment pour s’être approprié frauduleusement les biens de l’association.

Or, contre toute attente, le Parquet de Versailles vient de décider, non seulement de ne pas donner suite à la plainte […] mais aussi de poursuivre M. Oumoulli pour dénonciation mensongère contre M. Rabiti.

Ceci ne signifie aucunement que M. Rabiti soit blanchi des accusations portées contre lui, puisque l’association s’apprête à déposer une plainte avec constitution de partie civile. Et l’audience du 21 octobre 2019 permettra de démontrer publiquement la gravité des agissements de M. Rabiti et de ceux qui le soutenaient et le soutiennent encore et la parfaite intégrité de M. Oumoulli.