« Nous sommes unis dans la douleur. » En ce lundi 18 mars, Eric Roulot (PCF), le maire, affiche un visage triste et des propos sombres aux côtés de la conseillère départementale Cécile Dumoulin (LR). Une soixantaine de personnes, pour la grande majorité de confession musulmane, se sont rassemblées en hommage aux victimes des attentats contre deux mosquées à Christchurch, (Nouvelle-Zélande), qui ont coûté la vie à 50 personnes. Certains auraient préféré une mobilisation plus importante dans le Mantois.

« On a été touché comme notre propre famille, confie Nadia. On souhaite partager notre douleur avec nos frères et nos sœurs en Nouvelle-Zélande. » Annoncé le matin même par la mairie, ce rassemblement a rapidement mobilisé, à l’instar de l’appel du maire de Poissy Karl Olive (LR), qui a réuni devant l’hôtel de ville pisciacais une foule nombreuse le même soir.

À Limay, deux femmes se sont exprimées au micro préparé pour l’occasion en sus du premier magistrat. « Je trouve que nous ne sommes pas nombreux. Il n’y a rien d’organisé à Mantes-la-Jolie, on remercie Eric Roulot de le faire. Elle est où la communauté musulmane ? s’interroge ainsi l’une des oratrices. Nous ne sommes pas assez nombreux. […] J’espère que les représentants de nos communautés envisagent un rassemblement plus large. »

Si aucun autre rassemblement n’était organisé en hommage aux tués dans le Mantois, le recteur de la Grande mosquée de Mantes-la-Jolie s’était ému de cet acte terroriste tout en alertant de l’ambiance actuelle du pays. « Notre belle France n’est pas épargnée. Pas un jour ne passe sans que la communauté musulmane ne soit stigmatisée par ceux qui ont privatisé la parole publique et qui poursuivent des objectifs peu louables », fait ainsi remarquer le communiqué de Mehdi Berka, envoyé dès le 15 mars au nom du Conseil des institutions musulmanes des Yvelines (Cimy).

Lundi soir devant la mairie limayenne, quelques athées et chrétiens avaient également fait le déplacement. « C’est un massacre, c’est inadmissible. Je ne suis pas croyant mais c’est essentiel pour nous d’être là. On ne peut pas laisser se multiplier les attentats, s’indigne Jacques. Ce n’est pas comme cela que l’on va faire un monde. Il faut un monde avec moins d’injustice, il faut que l’on s’écoute et permettre une liberté du culte qui doit être respectée. »