Les courriers se sont-ils croisés ? Ce lundi 8 avril, cinq adjoints, dix conseillers municipaux et trois colistiers non élus, ont informé le maire vernolitain Pascal Collado (DVD) comme le préfet des Yvelines de leur démission et de leur refus de siéger. Dans le même temps, le conseil devant se tenir ce mercredi 10 avril et ayant pour ordre du jour le vote du budget a été reporté au lundi 15 avril. La convocation de ce nouveau conseil a été reçue par les élus démissionnaires le jour même de leur démission, compromettant ausitôt sa tenue faute de quorum suffisant.

« C’est une série Netflix », souffle en ce lundi le premier magistrat. Car en ce lundi, la ville semble maintenant se diriger fermement vers des élections municipales anticipées : 15 élus du conseil sur 29 ayant démissionné, plus de 50 % des sièges seront vacants. La décision revenant au préfet des Yvelines, elle devrait être connue officiellement dans les prochains jours. Mais selon nos informations, le représentant de l’État, qui doit encore rencontrer le premier magistrat, a déjà tranché en faveur de nouvelles élections. Une décision tout à fait exceptionnelle alors que les prochaines élections municipales sont prévues dans moins d’un an.

« La situation telle qu’elle se profilait, avec un maire qui souhaitait se maintenir, n’était plus tenable, rappelle du contexte Jean-Yves Denis, porte-parole du groupe majoritaire et des dissidents. On avait deux possibilités : soit on attaquait en justice, soit on démissionnait. Nous avons privilégié la manière forte. » Des recours en suspension avaient été déposés devant le tribunal administratif pour contester les changements de délégations (voir l’édition du 3 avril). Ils ont été rejetés : « Le tribunal a considéré qu’il n’y avait pas d’atteinte à l’ordre public », précise l’ex-adjoint.

« J’ai découvert le courrier remis par mes ex-colistiers ce matin, fait remarquer Pascal Collado, joint ce lundi 8 avril. En quoi cela sert la ville de Vernouillet, les Vernolitains, d’entraîner une élection municipale anticipée ? » Il reconnaît néanmoins que désormais, la situation n’est plus « entre ses mains ». L’actuel maire et anciens adjoints devraient donc s’affronter à nouveau très bientôt, cette fois-ci dans les urnes.

« Nous avons le projet de nous présenter […], on va présenter un projet volontaire, structuré, avec une liste soudée qui soit représentative des quartiers », détaille Jean-Yves Denis, insistant également sur la nécessité de « recréer un climat de confiance ». Le désormais ex-élu met en avant la volonté de « protéger le personnel communal, puisque les risques psychosociaux n’ont pas diminué ». Des arguments que le maire balaie, reprochant aux rebelles le poids d’une nouvelle élection : « Cela veut dire que la vie de ces services peut fortement se ­complexifier. »

De l’approche des élections anticipées, il indique également « ne pas être dans cette temporalité-là », poursuivant : « J’ai des services qui travaillent, un budget à voter […] On aurait été à deux ans de fin de mandat, peut-être que les gens auraient compris, mais là… » Et de conclure : « Je m’en remets à la démocratie, ce sont les électeurs qui jugent, il y a un calendrier électoral, certains ont souhaité changer ce calendrier, qu’ils en assument les conséquences. […] Eux, ils sont dans une autre logique, je ne me suis jamais positionné dans une politique électoraliste, politicienne. »

Cette démission est lourde de conséquences, notamment à l’approche du prochain conseil municipal. Initialement prévu ce mercredi 10 avril, il a été reporté « pour des questions tout à fait administratives », précise l’édile, au lundi 15 avril, date limite fixée par le Code général des collectivités territoriales pour voter le budget. Le premier magistrat en espère toujours la tenue, malgré un désormais évident problème de quorum.

« Je suis presque navré par rapport aux dossiers de la Ville, aux sujets qu’il faut défendre, nous devrions voter fièrement la semaine prochaine qui concrétise depuis cinq ans l’engagement de toute une équipe, à la fois le personnel municipal et les élus avec une baisse d’impôts de 10 % », regrette l’édile. Chez les démissionnaires, la réaction se fait sans appel sur la tenue de cette assemblée : « Théoriquement, il ne peut plus se tenir, souligne Jean-Yves Denis. J’appelle de mes vœux à ce qu’il ne se tienne pas. »