Lors de certains cours, la soixantaine de jeunes détenus que compte l’Etablissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) porchevillois ont des professeurs particuliers. Depuis deux ans, huit bénévoles de l’Association des anciens maires et adjoints des Yvelines (Adamy) interviennent une fois par an pour expliquer le fonctionnement des institutions et le rôle des élus locaux. Le 27 mars dernier, la convention liant l’association à l’Education nationale a été renouvelée au sein de la prison.

« En général, lors de ces cours, ils redonnent tous les préjugés sur les élus, le fait qu’ils soient tous pourris, sourit Nathalie, l’une des dix enseignantes au sein de la prison pour mineurs. Pourtant, certains d’entre eux ont déjà eu des contacts avec des élus, notamment quand ils étaient membres d’associations sportives. »

Pour les intervenants également, la rencontre serait riche, grâce aux temps d’échange dans des classes, composées de cinq jeunes. « Lors d’une intervention autour du respect, deux jeunes avaient vraiment participé, deux autres un peu moins, et un dernier pas du tout, se souvient Janine Broche, ancienne adjointe à Mareil-Marly. À la fin du cours, il est venu vers moi et m’a dit : Je n’avais qu’une envie, partir, mais je suis resté, j’ai respecté mes camarades. »

Parfois, les moments sont plus difficiles, comme l’évoque Michel Sevin, maire de Mantes-la-Jolie de 2002 à 2004 : « Je discutais avec un groupe de cinq jeunes et l’un d’entre eux me semblait particulièrement réceptif, intelligent. Mais à un moment donné, sans que l’on ne sache pourquoi, il a pété les plombs et s’en est pris à l’enseignante. »

Malgré tout, ces anciens élus se montrent optimistes et se considèrent comme « des semeurs de graines », auprès de ces jeunes mineurs, « dont 25 % étaient en vraie rupture scolaire à leur arrivée au sein de l’EPM », souligne Marielle Joudrain, proviseure-adjointe rattachée à l’EPM. L’échéance des élections européennes amène l’équipe enseignante à vouloir monter un projet « autour de ce qu’est le vote ».

Serge Clément, directeur académique des Yvelines, insiste, de la nécessité de ce partenariat : « Il est important de maintenir un lien avec l’instruction, l’instruction civique, afin de prévenir la récidive. » L’association intervient également dans les milieux scolaires plus classiques, ou encore lors de cérémonies de naturalisation. « C’est notre rôle en tant qu’élus », assure Gérard Fauvelière, président de l’Adamy et ancien adjoint à Mareil-Marly.