« On va essayer d’avoir des enfants qui apprennent à avoir l’esprit critique. Dans le monde dans lequel on vit, plus personne n’a d’esprit critique. » Comme souvent, le président du conseil départemental des Yvelines, Pierre Bédier (LR), ne mâche pas ses mots à l’entame de la présentation du « collège innovant » censé ouvrir ses portes à la rentrée 2021 au coeur du quartier du Val Fourré, lors d’une réunion de quartier aux côtés du maire Raphaël Cognet (LR).

L’ancien édile mantais affiche son ambition devant les parents du Val Fourré. « Aujourd’hui, il y a des parents qui viennent nous voir pour inscrire leurs enfants dans le collège du centre-ville ou qui mettent leurs enfants à Notre-Dame, regrette-t-il des deux actuels collèges du quartier populaire, remplacés par le nouveau. Nous rêvons d’avoir des enfants du centre-ville qui disent « on veut aller à ce collège parce que ce collège est formidable, a de meilleurs résultats, fonctionne mieux » ».

La réalisation de ce nouvel établissement, d’une capacité de 600 élèves pour un coût estimé à 24 millions d’euros, a désormais pris deux ans de retard par rapport aux premières estimations.

L’espoir ressemble fort à la reproduction, à l’échelle d’un collège, du succès du lycée Saint-Exupéry. En bordure du Val Fourré, ­l’établissement et ses filières d’excellence menant aux établissements les plus prestigieux du pays attirent en effet des élèves de tout le Mantois. « C’est un rêve fou, peut-être qu’on n’y arrivera jamais, reconnaît Pierre Bédier. Mais si on n’a pas des rêves plus grands que nous, on ne va pas y arriver. »

Si sa réalisation a désormais pris deux ans de retard par rapport aux premières estimations d’ouverture, le nouvel établissement, d’une capacité de 600 élèves pour un coût estimé à 24 millions d’euros, se veut toujours « révolutionnaire ». Ce « collège innovant » repose en effet sur la ­philosophie pédagogique d’André Giordan, ex-enseignant, auteur en 2010 de Changer le collège, c’est possible. Au programme, « une éducation de savoir-faire mais également apprendre le savoir-être ».

« Le principe de ce collège veut que les enfants de la 6e à la 3e auront un contrat avec le collège pour apprendre des savoirs fondamentaux, indique Pierre Bédier. Ils auront un objectif à la sortie de ce collège. A l’intérieur de ces quatre années, ils travailleront à leur rythme. » Il assure également les habitants présents à la réunion du soutien de l’académie de Versailles, partenaire à part entière du projet, notamment dans l’objectif de la constitution des équipes pédagogiques : « Nous sommes en liaison avec l’Education nationale pour avoir tous les professeurs qu’il faut. »