« Que comptez-vous faire ? » La question, posée par Annette Peulvast (DVG), maire de 1995 à 2008, lors du conseil municipal du 4 mars dernier, concernait le devenir du bâtiment des Alliers de Chavanne, l’ancienne bibliothèque municipale. En réponse, le maire RN Cyril Nauth lui a répété son intention de vendre, arguant d’un coût trop élevé de rénovation et de mise aux normes d’accessibilité. Sans succès jusqu’à présent, la faute à un coût trop élevé pour les acheteurs.

« Qui peut vouloir acheter un bâtiment qui n’est pas rénovable ni réhabilitable ? », interroge Annette Peulvast. « Il est totalement rénovable et réhabilitable, rétorque le premier magistrat mantevillois. Mais si c’est une activité qui ne nécessite pas forcément de recevoir du public, d’une part, les coûts seront moins importants, et d’autre part, il n’y aura pas un massacre en faisant un ascenseur à l’extérieur. »

L’édile reconnaît que le bâtiment est « un pavillon remarquable, avec un très bel aspect sur le plan architectural et un intérieur intéressant ». Il motive toutefois son refus d’engager des travaux de rénovation : « Une fois qu’on fait ce choix-là, on se retrouve avec un bâtiment qui aura toujours des problèmes d’accessibilité […] C’est un bâtiment très ancien, un véritable labyrinthe. » Des travaux de rénovation et de mise aux normes qui, outre un coût jugé important, imposeraient à la municipalité la construction d’un ascenseur extérieur « au vu de la configuration du site ».

Si la solution de vendre le bâtiment apparaît donc acceptable à Cyril Nauth, il précise toutefois attendre « une activité hautement qualitative ». Mais la mairie semble avoir du mal à trouver un acheteur. «  Nous avons eu un certain nombre de contacts avec des acquéreurs potentiels, jusque-là, nous n’avons pas eu de piste sérieuse, détaille l’édile. En cinq ans il n’a intéressé personne. » Son opposante, elle, lui reproche de « vendre les bijoux de la couronne ».

Elle propose à la municipalité de conserver les pièces de réception « où la population appréciait particulièrement d’être reçue », et de dissocier l’accès aux étages, en montant un « partenariat public-privé ». L’édile ne s’y dit pas opposé. « Avant d’avoir des belles idées, il faut aussi avoir quelques moyens financiers, des partenariats avec des entreprises, répond-il cependant. Pourquoi pas, en théorie tout est possible, mais dans la pratique, le contexte est aussi contraint pour les entreprises et ça reste compliqué. »