Que se passe-t-il à Aulnay-sur-Mauldre ? Début de scission il y a quinze jours, le conflit est désormais pleinement déclaré entre les membres de la majorité et le premier magistrat. Ce dernier les ayant publiquement rabroué après leur demande de report du vote du budget, eux comptent bien le faire partir. Lundi 15 avril, un conseil municipal n’a pu se tenir faute d’élus. Après avoir averti les habitants de l’annulation, le maire évoque un nouveau conseil, finalement organisé samedi dernier, peu avant midi (auquel La Gazette n’a donc pu assister, Ndlr).

Tout commence par le report du vote du budget, du jeudi 4 avril au jeudi 11 avril (finalement voté à la majorité le 11 avril, Ndlr). Jean-Pierre Chauvin, premier adjoint au maire en charge des finances et frondeur, explique que les élus de la majorité ont agi ainsi pour avoir le temps « d’examiner le budget et le compte administratif de l’année précédente », ajoutant qu’ils n’avaient été fournis que « quelques heures avant la réunion ».

Dans un « flash info » du 5 avril, le maire Jean-Christophe Charbit (SE) répond vigoureusement à sa propre majorité : « Doit-il s’excuser lorsqu’il accomplit le travail non effectué par ces collaborateurs trop souvent indisponibles ? », interroge-t-il, prenant dans la foulée la décision de retirer ses délégations au deuxième adjoint. Durant le week-end des 7 et 8 avril, il lui interdit l’accès à la mairie en changeant les serrures, ne remettant les anciennes en place qu’une fois les clés remises par Michel Contet. Ulcérés, une bonne partie des élus entrent en révolte.

« Il n’y a pas grand-chose à dire, ça va durer cinq minutes », déclare Jean-Christophe Charbit (SE) ce lundi 15 avril devant l’hôtel de ville d’Aulnay-sur-Mauldre. Ses conseillers vont arriver rapidement et « l’issue du scrutin sera sans surprise ». Seule question du jour : le deuxième adjoint Michel Contet doit-il garder son titre ainsi que ses indemnités ? Malgré un conseil prévu à 18 h 45, la salle est toujours vide d’élus à 19 h.

Une quinzaine d’Aulnayiens présents attendent. Un habitant s’apprête à filmer, il est coupé dans son élan par le maire qui entre pour dire « il n’y a pas d’élus, vous pouvez rentrer chez vous ». L’incompréhension est visible sur le visage des habitants. « Le quorum n’est pas réuni donc il ne se passera rien ce soir », commente l’édile en guise d’explication. Quelques minutes après, devant la mairie, ils s’étonnent de la situation. « Il s’en passe des choses chez nous », dit l’un en riant. Deux autres, surpris de la tournure de la soirée, souhaitent « que ça se passe bien et que tout soit serein ».

Quelques jours auparavant, neuf élus avaient envoyé une lettre au maire pour lui demander d’organiser « un conseil extraordinaire » afin de voter le retrait de ses délégations : « Je ne démissionnerai pas », balaie Jean-Christophe Charbit en forme de refus. « L’opposition ne suit pas du tout Michel Contet » affirme-t-il de son deuxième adjoint dont il estime qu’il « n’est pas suivi dans sa démarche du tout ». Le deuxième adjoint Michel Contet avait en effet décidé de ne pas venir ce soir-là, tout comme les autres conseillers. Selon l’un d’eux, cependant, leur absence ce soir-là n’était pas une protestation politique mais une indisponibilité pour ce conseil municipal organisé dans l’urgence. Le deuxième adjoint, lui, explique en effet qu’ils sont désormais neufs frondeurs : « La majorité, c’est nous. » Si un deuxième conseil est organisé pour les mêmes raisons, Michel Contet affirme qu’il sera cette fois-ci présent, et prévient le maire : « Ça ne passera pas. Je resterai deuxième adjoint. »