Cela va bientôt faire trois ans que de violentes inondations ont touché, dans le Mantois, de nombreuses communes de la vallée de la Mauldre, comme Aulnay-sur-Mauldre ou Bouafle. Dans la première commune touchée, l’association de la Protection des sites de Maule et de la vallée de la Mauldre hausse le ton. Dans la seconde, une récente réunion portant sur des projets de logements proches des zones alors inondées a provoqué la fureur de bien des habitants, qui exigent que soit priorisée la construction de bassins de ­rétention.

Une lettre a notamment été envoyée par l’association auprès des maires de la Vallée de Seine afin d’alerter sur le danger. « En 2016, période très pluvieuse en mai, les nappes phréatiques étaient pleines, les bassins de rétention étaient également très pleins. Il y a eu une accalmie de quelques jours, rappelle des ­événements passés son président Michel Contet. C’est là que les sinistrés ne sont pas très contents. On aurait pu vider les bassins de rétention à ce moment-là et ça n’a pas été fait. »

« La mairie n’a pas bougé mais a reçu un document de la préfecture, poursuit Michel Contet, également devenu deuxième adjoint SE à Aulnay-sur-Mauldre, les événements ayant entraîné la démission de la première magistrate d’alors, Catherine Delaunay (SE). La mairie a évacué l’école mais ils n’ont rien fait au niveau de la mairie pour sauver ordinateurs, documents et la population n’a pas été prévenue ­également. »

Michel Contet regrette énormément le manque de réactivité des autorités, de la mairie lors de cette nuit, mais il peste surtout aujourd’hui contre des mesures qui ne sont, selon lui, toujours pas prises par les différents protagonistes. « On a fait une pétition dans laquelle on demandait des comptes. Dans les réunions, on a posé de nombreuses questions, s’insurge-t-il. Il y a cinq syndicats qui gèrent le versant du côté de la Mauldre et ces cinq syndicats ne se parlent pas. Pourquoi l’alerte reçue n’a pas été donnée aux habitants ? Pourquoi il n’y pas eu de sirène ? Pourquoi les bassins étaient pleins ? »

Aulnaysienne touchée lors de ces inondations, Joëlle a plutôt été épargnée par rapport à d’autres voisins mais l’eau, qui est tout de même montée jusqu’au niveau des prises électriques, a fait des dégâts. « Toute l’eau sortait par les plinthes, par les joints du carrelage. On a été pris au piège, rapportait la riveraine croisée en mars. Dans la soirée on a vu que ça montait et on a eu le temps de sortir les voitures du garage. On a pompé toute la nuit de 2 h jusqu’à 14 h. Il aurait pu y avoir un décès. »

À Bouafle, la situation est similaire. Meurtris lors de ce mois de mai 2016, des Bouaflais pansent encore leurs plaies, et n’ont pas hésité à faire savoir leur colère à l’occasion d’une réunion publique organisée le mois dernier pour présenter un projet de logements à proximité des zones inondées. «  Où sont les bassins de rétention ? », ­interrogeaient alors les riverains.