La situation politique se tend encore un peu plus au sein du conseil municipal carriérois. Alors que le budget a été refusé le 9 avril dernier (édition du 17 avril), et relèvera donc pour l’instant du préfet, un conseil municipal extraordinaire s’est réuni mercredi dernier. Seules deux délibérations étaient à l’ordre du jour : le maintien ou non dans leurs fonctions d’adjoints de Khadija Gamraoui-Amar (LR) et Laurent Bernard.

Leurs délégations leur avaient déjà été retirées, suite à leur vote contre le budget. Soutenus par les membres de l’opposition, les frondeurs ont cependant pu conserver leurs fonctions, à 18 voix contre 14 en faveur de la délibération. Cette coalition hétéroclite a également envoyé au maire Christophe Delrieu (DVD) une lettre, afin d’organiser un conseil municipal pour que lui soient retirées ses délégations.

« La ligne rouge a été franchie, Monsieur le maire, annonce sa première adjointe Khadija Gamraoui-Amar. […] Par cette série d’envois de recommandés à Patrick, Suzanne, Charlotte, Myriam, Agnès, Laurent, vous avez tout simplement acté la constitution d’un groupe d’élus au sein du conseil municipal. » Elle fait également part de son envie de rester adjointe : « Je souhaite donc qu’avec Laurent nous puissions poursuivre notre mandat de maire adjoint et notre travail […] de vigilance et en toute responsabilité, comme nous nous y sommes ­engagés. »

L’autre adjoint concerné, Laurent Bernard, prend le relais. « Certains d’entre vous doivent se demander pourquoi je n’ai pas démissionné, interroge-t-il. C’est très simple. À mon avis, nous avions le temps nécessaire pour réexaminer le budget avant la date limite (du 18 avril, Nldr). » Les adjoints ont été soutenus par les deux groupes d’opposition.

« Pourquoi devrions-nous sanctionner des élus de votre majorité qui s’inquiètent de votre gestion financière et mettent en cause votre gouvernance ?, interroge l’ancien maire Eddie Aït (GE), président du groupe d’opposition Agir en commun pour Carrières-sous-Poissy. […] Pourquoi devrions-nous sanctionner des élus de votre majorité qui se rangent enfin aux arguments que nous défendons ­depuis plusieurs années ? »

Anthony Effroy (FI) a pour sa part estimé qu’il s’agissait de plus « qu’un règlement de comptes » entre le maire et une partie de sa garde rapprochée. Prenant en compte les récents évènements, il ajoute : « Vous avez fait le choix en ­considérant que ce budget était ­insincère, que vous ne pouviez plus être caution des nombreux mensonges du maire. »

Opposition comme ex-membres du groupe majoritaire ont cosigné une lettre le 13 avril. « Afin de faciliter le bon fonctionnement de nos institutions locales », ils y demandaient d’ajouter à l’ordre du jour le retrait des délégations au maire (ce qui s’est récemment produit à Vernouillet, Ndlr).

« Les délégations ont été retirées selon un principe simple, c’est que si l’on vote contre un budget, on ne peut pas être délégué de ­l’ordonnateur de ce budget, le maire, justifie de sa décision de retrait au soir du conseil Christophe Delrieu. Si on est contre le budget, on assume ses choix et on démissionne, on quitte cette ­majorité. »

En fin de conseil municipal, il précise : « Nous avons toujours une majorité relative, avec les élus du groupe So Carrières. Il n’y a pas de majorité absolue. » Des griefs portés à l’encontre du budget, il ajoute : « Si encore ils avaient eu des propositions, rien ne leur interdisait de présenter un autre budget. » Et évoque un « kidnapping » de la gestion de la Ville.