La réunion publique organisée mercredi 10 avril par la mairie de Conflans-Sainte-Honorine concernant le déploiement de la fibre optique par SFR était très attendue par les habitants. Alors que l’opérateur, en charge de l’installation du très haut débit dans la commune, avait auparavant promis que le déploiement des 14 907 prises serait terminé à la fin de l’année 2018, l’échéance est à nouveau repoussée d’un an. Face à la situation et au manque de communication reprochés à l’opérateur et à la mairie, les habitants s’agacent de plus en plus… tout comme les élus d’ailleurs.

« Il y avait certains engagements et rien n’a été tenu », clame l’un des Conflanais présents dans la salle. Pourtant Jean-Claude Brier, le délégué régional d’Altice France, maison-mère de SFR, en Ile-de-France, le réaffirme devant une assemblée d’une cinquantaine de Conflanais : « Fin 2019, l’ensemble des prises, des locaux ou des lignes à raccorder doivent être raccordés sur l’ensemble des territoires de la commune .» Pour une autre habitante, cependant, « c’est un peu utopique » d’envisager que le déploiement soit terminé en 2019.

Pour suivre l’avancement du déploiement, la mairie ainsi que l’opérateur s’engagent à informer les habitants sur le raccordement via le site internet de la mairie. Un onglet dédié devrait être créé sous huit jours avec une carte, ainsi qu’un tableau présenté lors de la réunion indiquant les dates prévisionnelles de raccordement. Face aux demandes multiples d’un habitant réclamant « des plans de déploiement rue par rue, maison par maison », Jean-Claude Brier propose une mise à jour mensuelle de la carte pour ­prévenir des retards éventuels.

« En une année, vous allez faire le travail de quatre ans ? » s’exclame cependant un habitant excédé face à ces nouvelles promesses. Depuis 2014, 8 197 prises ont été déployées, il en reste encore 6 710 à raccorder dans la ville de Conflans-Sainte-Honorine, soit environ 45 % du total des branchements. Les habitants présents rappellent aussi que lors d’une réunion donnée en avril 2017, SFR avait annoncé une fin de ­déploiement en 2018.

« On a en effet fait glisser le calendrier de neuf mois, et c’est la raison pour laquelle la date de la fin de déploiement est passée de fin 2018 à fin 2019 », reconnaît Jean-Claude Brier. L’opérateur s’engage aujourd’hui à « livrer » environ 3 000 prises supplémentaires avant fin septembre 2019, 974 seraient d’ailleurs déjà en cours de raccordement. Seule obligation légale pour SFR, dans le cadre de son contrat national avec l’Etat : un raccordement complet à la fin de l’année 2020.

« On a en effet fait glisser le calendrier de neuf mois, et c’est la raison pour laquelle la date de la fin de déploiement est passée de fin 2018 à fin 2019 », reconnaît le délégué général d’Altice France.

Persiste cependant, pour Jean-Pierre Brier le problème des logements collectifs « avec lesquels je n’ai pas à date de conventions ». Les syndics des copropriétés doivent effectivement signer une convention avec l’opérateur pour autoriser le déploiement des lignes de communication à très haut débit en fibre optique.

Très agacés au soir de la réunion, les habitants présents se retournent contre la mairie. « Pourquoi vous n’aidez pas les citoyens ? », demande l’un d’entre eux à Aude Touret, la conseillère municipale chargée de l’informatique et des nouvelles technologies. Une autre ne comprend pas pourquoi elle n’a aucun retour du maire ou du député, à qui elle écrit pour exprimer sa colère, et réclame vivement « un numéro de téléphone d’une personne physique chez SFR à qui s’adresser ».

Aude Touret incrimine les services de l’opérateur privé à propos du défaut de communication : « On a essayé, ils sont témoins, pour les accompagner au fur et à mesure depuis 2014. » Alors, la conseillère municipale le réaffirme devant l’assemblée : « Nous ne sommes pas responsables, ni sponsors, ni les payeurs pour la mise en place de la fibre optique, nous ne sommes que des facilitateurs. »

L’élue cache à peine la colère de la municipalité, tout aussi excédée que ses administrés ces dernières années : « Pendant deux ans, [la mairie] était en divorce avec SFR parce que ça n’avançait pas comme on voulait. » Car la conseillère admet bien la nécessité de plus en plus importante d’un passage généralisé au très haut débit : « L’intérêt de tous Conflanais est d’avoir le réseau fibré » pour « pouvoir travailler ou faire autre chose .»