Ils ont obtenu gain de cause, tant sur leurs revendications sociales qu’environnementales. Depuis le 19 avril dernier, une grande partie de la vingtaine de salariés de la société SVR (filiale de la SARP, elle-même filiale de Veolia, Ndlr), spécialisée dans le nettoyage de matières dangereuses, s’était mise en grève pour dénoncer leurs conditions de travail, mais également les pratiques auxquelles ils étaient confrontés, notamment le déversement ­d’hydrocarbures dans les égouts.

Un protocole d’accord a été signé ce vendredi 26 avril, et le travail des salariés a repris ce lundi. La direction s’est engagée à mener « un audit interne pour élaborer un plan d’action en cas de dysfonctionnement avéré », détaille dans les colonnes du Parisien, un porte-parole de la SARP. Une enquête de la direction régionale et interdépartementale de ­l’environnement et de l’énergie sera menée.

« Ce matin, on a cru que la boîte allait fermer », témoigne ce 26 avril un salarié. Eux-mêmes s’étonnent de la réaction, rapide, de la direction de la SARP. « Ils n’étaient pas au courant des pratiques que l’on nous imposait ici, ­témoigne Bruno Proust, délégué CGT. Normalement nous sommes sur un site où le stockage n’est pas autorisé. Mais avec le nettoyage des camions, les matières étaient stockées dans ces cuves. »

Le syndicaliste poursuit, des revendications obtenues : « La SARP s’est engagée à dépolluer, à enlever les cuves. […] On a le sentiment d’avoir été écoutés. » Concernant leur grève, il le reconnaît, « on aurait pu, dû le faire plus tôt. Mais on avait les yeux rivés sur le boulot, c’est aussi notre gamelle. » De leur mouvement, ils espèrent également qu’il provoquera « une prise de conscience » auprès des ­entreprises alentours.

Vendredi dernier, les grévistes ont reçu la visite d’une délégation de l’AVL3C, association luttant contre l’exploitation d’une nouvelle carrière à Brueil-en-Vexin. « On a appris leurs motivations environnementales, ce n’est pas facile de dénoncer ces pratiques, note Philippe Laborde, militant de l’association. Encore une fois, on observe un décalage entre les contraintes imposées aux citoyens et les pratiques réelles des entreprises. »

En soutien, l’association souhaitait remettre un chèque aux grévistes de 150 euros, que ces derniers ont poliment refusé. « Nous avons obtenu que nos jours de grèves soit payés, ­donnez-le à une association qui en aura vraiment besoin », insiste Bruno Proust. Le chèque a finalement été reversé à la Maison d’enfants de La Roche-Guyon (Val-d’Oise).