Autour d’une table d’une salle de la médiathèque Christine de Pizan ce 19 mars, pas un bruit, seulement le grattement des stylos. Au centre, huit bougies ont été disposées. « Cela va certainement vous rappeler des listes de mots-clés que vous allez associer à chacune d’entre elles », commence Valérie-Anne Witkowski, fondatrice de l’association Les petites plumes de Poissy.

Tous les mois, un petit groupe d’environ huit personnes se retrouve au sein de cet atelier d’écriture créative. Plus que la perspective d’être édités, la majorité des participants souhaite avant tout coucher ses souvenirs sur papier, afin de pouvoir les transmettre à ses enfants et petits-enfants.

« Il s’agit de faire écrire les gens, de libérer leur imagination, détaille Valérie-Anne Witkowski des buts de son atelier d’écriture, qu’elle qualifie de créatif et spontané. Nous ne sommes pas dans un cours de français ni de philosophie. » L’âge des participants varie ce soir-là entre « 36 et plus de 75 ans », ­poursuit-elle.

Des souhaits des participants, elle note : « Les gens ont besoin de parler d’eux, ils sont fidèles aux ateliers d’écriture autobiographique, cela a parfois valeur d’écriture thérapeutique. Il y a aussi un engouement autour de la généalogie. Ils voient ces ateliers comme une invitation à s’exprimer. »

La première partie de l’atelier se termine, chacun dévoile ses mots clés. « Moche », pour Hélène, « je ne sais pas la qualifier », confiera Michelle à propos d’une bougie chauffe-plat. Pour sa part, Gilberte évoquera « sa communion solennelle ». Mais déjà, commence la deuxième partie de l’atelier. « Soit vous prenez chacune des bougies et vous racontez une petite histoire, détaille Valérie-Anne Witkowski des consignes. Soit vous sélectionnez une bougie et vous développez un souvenir. »

Des souhaits des participants, Valérie-Anne Witkowski note : « Les gens ont besoin de parler d’eux, ils sont fidèles aux ateliers d’écriture autobiographique, cela a parfois valeur d’écriture thérapeutique. »

Fidèle de l’atelier depuis sa création fin novembre, Jacques demande rieur : « On peut avoir un joker ? » La demande est ­acceptée : « Vous pouvez détourner les consignes. » Une vingtaine de minutes plus tard, chacun se raconte, au travers d’une anecdote. « Le pire c’est quand pour aller travailler, les bougies sont encrassées », sourit Jacques, ayant finalement réussi à détourner la bougie classique en bougie d’allumage et évoquant un matin où il a ­découvert sa ­voiture en panne.

Ce retraité du monde bancaire est « venu sans idée préconçue » au sein de l’atelier. « Cela me permet de faire remonter des souvenirs, souligne-t-il. Je pensais que mon fils serait intéressé d’en apprendre un peu plus. » Passionné de généalogie, il avait déjà constitué un album souvenir pour l’un des anniversaires de son fils. Pour Michelle également il y a une volonté de transmission. « Comme je prends de l’âge, je voulais mettre mes souvenirs sur papier pour pouvoir les transmettre à ma fille », détaille cette retraitée.

Mais cette volonté de transmission n’est pas seulement l’apanage des seniors du petit groupe. Charlène est l’une des benjamines et elle explique de sa présence à l’atelier : « J’avais besoin d’écrire sur moi, cela m’aide. » De cette démarche, elle ajoute : « J’ai acheté un cahier pour mes parents, pour qu’ils puissent aussi nous transmettre leurs histoires. »