« C’est la première offre sérieuse et écrite que nous avons depuis cinq ans. » Le 12 avril dernier, lors du conseil municipal, l’édile RN Cyril Nauth a mis aux voix la vente de l’ancienne filature Le Blan, située 6 bis rue Camélinat, pour 660 000 euros. L’acquéreur souhaite en faire un espace de co-working et une pépinière d’entreprises. En chœur, les membres de l’opposition présents ont voté contre, s’inquiétant que les garanties de préservation du bâtiment ne soient pas plus importantes.

Le bâtiment industriel de 1 710 m² avait été acheté en 2009 sous le mandat de l’ancienne maire socialiste Monique Brochot pour 1,1 million d’euros. À l’époque, le souhait de la municipalité en place était d’en faire une maison des associations. Mais pour des raisons financières, le projet sera finalement abandonné en 2013.

« Depuis toutes ces années, un bâtiment, qui a déjà un certain âge et est inoccupé, forcément ça se dégrade, et quand ça se dégrade cela perd de sa valeur » se justifie l’édile, attaqué sur le prix de vente, inférieur à celui de l’achat et à celui estimé par les Domaines. « Quelle assurance avez-vous de l’acquéreur de garder la structure du bâtiment qui fait partie du patrimoine de Mantes-la-Ville ? », l’interroge Eric Visintainer, conseiller d’opposition pour Mantes en mouvement.

Monique Brochot, du groupe Ensemble pour Mantes-la-Ville à gauche, déplore elle un manque d’informations sur le devenir du bâtiment, dont le sort semblait scellé depuis plusieurs mois. « Lors de la modification du Plan local d’urbanisme, vous aviez pointé, à juste titre, une vingtaine de bâtiments remarquables qui étaient à protéger », rappelle-t-elle.

Elle poursuit : « Je vous ai posé la question pour savoir pourquoi ce bâtiment n’y figure pas. Vous me dites, sur l’usine Le Blan, nous n’avons pas inclus ce bâtiment tout simplement parce qu’il appartient à la commune. […] En l’espèce, il n’y a pas de projet de démolition de l’usine. » Et Cyril Nauth de répondre : « L’année dernière, les acquéreurs potentiels n’ont pas formalisé, on n’espérait plus le vendre c’est la raison pour laquelle on n’a pas fait ces démarches [de classement]. »

Des inquiétudes de l’opposition, il ajoute : « Je ne crains qu’il y ait à part l’engagement moral de l’acquéreur aucune garantie sûre et formelle. » Il précise cependant que dans une note d’intentions, l’acquéreur, « justifi[e] qu’il allait aménager le bâtiment, donc quand on aménage le bâtiment on ne va pas le démolir ».