Le vendredi 12 avril devant l’inspection de l’éducation nationale de Mantes-la-Jolie, une cinquantaine de parents d’élèves de maternelle et primaire sont réunis pour manifester contre la loi Blanquer. Pour défendre leurs combats contre plusieurs articles de la loi, les parents s’organisent pour multiplier les actions. Alors que l’initiative venait initialement des parents de Mantes-la-Jolie, ceux des villes proches se sont associés à eux. Le mouvement veut désormais s’unir aux enseignants de la vallée de Seine pour prendre de l’ampleur.

« Blanquer si tu savais, ta loi, on n’en veut pas », scandent les parents en agitant des pancartes. Réunis depuis 9 h 30, une cinquantaine de parents et leurs enfants se trouvent en face de l’inspection académique. Les mères de Mantes-la-Jolie présentes expliquent : « On est différentes écoles du secteur, il y en a de Limay, il doit y en avoir de Mantes-la-Ville aussi. » Unanimes, elles sont là « pour l’avenir » des élèves, ajoutant : « On se bat pour le bien de nos enfants. »

Alors que les enseignants des Mureaux avaient eu du mal à mobiliser les parents pour une manifestation contre la loi ­Blanquer (voir l’édition du 3 avril), à Mantes-la-Jolie, ce sont les parents qui lancent les actions. Pour Binta Sy, l’une des organisatrices de la manifestation, les professeurs ne voulaient pas rejoindre le mouvement : « Les parents sont encore plus mobilisés là, parce qu’avec la plupart des enseignants, on est encore confronté à un mur. » Face aux questions des parents, « les enseignants […] ils se ferment. La ­plupart, ils ne nous disent rien ».

Une situation qui pourrait changer rapidement. Le mardi 16 avril, cinq instituteurs et deux parents d’élèves du Mantois dont Binta Sy se sont réunis. Pour la mère de famille, « on a les mêmes revendications donc pourquoi faire des actions différentes alors qu’on peut se rassembler ». Le 9 mai, une grève nationale des fonctionnaires est prévue, à laquelle devrait ­participer les enseignants de la vallée de Seine. Les parents d’élèves pourraient également s’organiser pour ­distribuer des tracts avec eux.

Après cette manifestation et les deux journées d’école morte organisées le 5 et le 12 avril, d’autres actions sont au programme. Si certaines n’ont pas abouti faute de parents disponibles ou de motivation, Binta Sy souhaite que les parents restent mobilisés. Un sentiment partagé par les mères présentes le jour de la manifestation : « Le but, c’est de toucher le plus de parents avec le temps. » Les parents du Mantois sont prêts à s’associer à d’autres mouvements des Yvelines « avec le temps tout le monde rentrera dans le jeu ».

« On ne veut pas d’une école au rabais pour nos enfants », insiste Binta Sy. Pour cette mère de deux enfants, plusieurs articles de la loi Blanquer mettent en danger l’éducation dans les écoles publiques : « On ne veut pas de différence dans l’éducation, on veut une équité pour tous. »

Si les articles 1 et 2 (droit de réserve des fonctionnaires et école obligatoire à partir de 3 ans, Ndlr) sont pointés du doigt par les parents, c’est surtout l’éventuelle dégradation du lien de proximité entre les parents d’élèves et les équipes pédagogiques qui inquiète les manifestants. L’article 6 qui parle de l’école du socle effraie. Pour Binta Sy, à cause du ­regroupement des écoles primaires et du collège encadré par un directeur unique, « le lien de proximité et de confiance, il est forcément impacté ».

Le rendez-vous prévu avec l’inspection générale, ce vendredi 12 avril, n’a pas permis aux parents d’élèves d’être rassurés. Binta Sy, présente, explique qu’ils sont « ressortis déçus ». Pour elle, les responsables qui les ont reçus « ne sont au courant de rien » même si « elles ont tenté de nous rassurer ». Face aux inquiétudes concernant le regroupement, Binta Sy rapporte : « Ils nous on répondu « ça se passe déjà dans quelques écoles, c’est pas plus mal », voilà. ».