Quand elle évoque le futur pôle Léo Lagrange, la municipalité des Mureaux évoque toujours le souhait que cet établissement, comprenant notamment dix classes maternelles et autant de classes élémentaires, soit ouvert avant les Jeux olympiques de 2024. Et elle est en passe de tenir les délais souhaités pour ces bâtiments situés en bordure du stade Léo Lagrange, à deux pas du commissariat et de la mosquée.

Un appel d’offres a ainsi récemment été lancé pour trouver les entreprises qui réaliseront ce chantier d’un coût estimé à 15 millions d’euros HT, dont 11 millions d’euros de subventions du Département, de la Région, de l’État et de l’Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru). Les travaux devraient commencer cet automne pour une ouverture prévue en 2021.

La construction de ce pôle Léo Lagrange a été décidée « après le pôle Molière en voyant son ­succès », précise Papa Waly Danfakha (MR), deuxième adjoint muriautin en charge des grands travaux et des projets structurants. « Nous sommes dans une démarche d’innovation, […] cela permet d’avoir une polyvalence d’activités sur un même lieu, pas seulement des activités scolaires », poursuit-il de la réflexion engagée sur cette idée de pôle ­éducatif.

Le bâtiment en lui-même s’étendra sur 3 177 m2, le terrain total mesure près de 10 000 m². À l’intérieur, vingt classes, dont trois d’entre elles serviront à l’accueil de loisirs d’environ 80 enfants, un restaurant scolaire qui pourra être mis à disposition pour des usages extérieurs et des salles de formation. Tous ces éléments ont été conçus afin de pouvoir être utilisés de manière indépendantes. « On espère qu’il pourra servir de base arrière lors des Jeux olympiques », sourit Papa Waly Danfakha.

Alors que le pôle Molière, situé dans le quartier de la Vigne blanche, est dédié aux arts manuels et créatifs, le pôle Léo Lagrange sera lui dédié aux activités sportives. « On implante un groupe scolaire dans un stade, fait remarquer l’adjoint. Il sera accessible par l’extérieur et on peut imaginer que les familles viennent le dimanche, profiter des jeux dans la cour de récréation avec leurs enfants. »

Dans l’entourage du maire muriautin François Garay (DVG), on précise : « On a une bonne expérience des lieux qui sont ouverts et fermés, il est évident que le stade restera ouvert à tous, mais que par contre le lien entre le pôle Léo Lagrange et le stade pourra être ouvert ou fermé selon les configurations. » Dans son fonctionnement, ce tout nouveau pôle sportif « poursuit la logique » initiée par le pôle Molière.

« La mutualisation nécessaire et souhaitée des espaces renforcera le rôle du futur équipement auprès des habitants et des infrastructures sportives mitoyennes », résume l’appel d’offres de cette ouverture souhaitée par la municipalité. Dans ce but, un parvis commun sera créé rue Robert Cimetière, entre le bâtiment et le stade éponyme, afin d’en faciliter l’accès à tous. « Cet ample parvis Nord ouvre sur l’entrée principale du groupe scolaire en offrant un véritable espace généreux dans lequel on peut s’installer », rapporte le marché public.

Si le projet reste « à bâtir » avec les associations sportives utilisatrices de l’équipement, l’adjoint Papa Waly Danfakha (MR) précise qu’il s’agira surtout « d’une démarche de découverte et d’initiation aux sports ».

Le terrain d’implantation de ce pôle est toutefois jugé « très particulier » dans l’appel d’offres, en raison notamment d’une « dénivellation marquée du Nord au Sud et le long de la voie qui le borde à l’Est ». L’architecture du pôle Léo Lagrange « s’apparente à une nappe percée de patios et profondément découpée par les cours ouvertes vers l’Ouest et les grandes étendues des terrains de sports ».

Du côté de la rue Robert Cimetière, « le bâtiment offre une paroi protectrice minérale, étirée et effrangée de cours-jardin », précise l’appel d’offres. La toiture, pensée comme une terrasse avec des cheminements piétons, propose « une diversité de micro-paysages », détaille le document. Jardins potagers et espaces variant au fil des saisons, nichoir et hôtel à insectes seront également installés, devenant ainsi « un support de sensibilisation à ­l’environnement ».

Le bâtiment sera labellisé Haute qualité environnementale (HQE) et « cherche à mettre en place une stratégie de réduction de l’effet de chaleur urbain », en accordant une large part aux différents espaces de verdures et cours au sein du bâtiment. « Le végétal ne stocke pas l’énergie solaire et ne produit pas de rayonnement nocturne, contrairement aux éléments minéralisés, est-il indiqué. Grâce à l’évapotranspiration des plantes, le végétal permet d’humidifier et de rafraîchir l’air ambiant. »

Au total, « plus de 50 % » des terrasses et toitures seront végétalisés, pour faire du pôle Léo Lagrange, un « espace de fraîcheur urbain ». Dans l’appel d’offres, la Ville justifie ainsi la présence de tant de verdure : «  Les espaces verts en ville ont des effets bénéfiques sur la santé publique […], réduction du stress, augmentation de l’activité physique et réduction de l’exposition à la pollution de l’air, au bruit et à la chaleur excessive. Les arbres agissent comme des masques solaires et des brise-vents naturels. »

Ces toitures végétalisées permettent aussi une meilleure rétention d’eau et diminuent « le volume d’eau déversé dans les réseaux d’assainissement ». Un système de récupération et de stockage des eaux pluviales sera aussi mis en place, par le biais de « noues plantées » le long de la rampe d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Les matériaux minéraux, eux, auront « un pouvoir réfléchissant de l’énergie lumineuse et donc une capacité faible d’absorption de la chaleur et de rayonnement, tout en limitant les risques d’éblouissement ».

La toiture, pensée comme une terrasse avec des cheminements piétons, propose « une diversité de micro-paysages », détaille l’appel d’offres de la municipalité.

Afin de réguler les températures émises par le bâtiment et que le pôle Léo Lagrange ne devienne un pôle de chaleur urbain, la municipalité a choisi de « s’abstenir » de climatisation et de jouer sur des « stores », la « ventilation naturelle nocturne » et « l’utilisation de plancher rafraîchissants » afin de récupérer la chaleur des sols en limitant les rejets de chaleur dans l’air.

Ces planchers permettraient également de mieux répartir l’utilisation des différentes salles en fonction des usages, salles de classes qui seront séparées par des cloisons afin d’en faciliter l’agrandissement ou la division. « Nous allons aussi profiter du pôle pour faire face à la réforme du ministère de l’éducation nationale de dédoubler nos classes de CP et de CE1, souligne Papa Waly Danfakha. Cela permettra de désengorger les écoles du centre-ville qui sont complètement en sur-effectif et nous allons en profiter pour redécouper le périmètre scolaire pour avoir plus de mixité. »

Au sein du pôle Léo Lagrange, une classe à horaires aménagés sport (Chas) sera également créée. « Cette classe accueillera une vingtaine d’élèves, recrutés sur tout le territoire communal sur la base du volontariat, explique l’adjoint. Ils sont sensibilisés en CE1 et en CE2, ceux qui sont motivés poursuivent, vous créez une classe de projets, plus que de quartiers. » Au lieu d’avoir trois heures de sport par semaines, les élèves de cette classe en auront quatre.

Si le projet reste « à bâtir » avec les associations sportives utilisatrices de l’équipement, Papa Waly Danfakha précise qu’il s’agira surtout « d’une démarche de découverte et d’initiation aux sports », plutôt que l’ouverture d’une section sport-études dédiée à un seul sport. « Le but, c’est qu’ils poursuivent la pratique en club », ajoute le deuxième adjoint. Par la création d’une Chas, la Ville souhaite également lutter contre les stéréotypes « qui définissent certains sports comme masculins », souligne l’élu. « Pourquoi ne pas envisager un partenariat avec la section féminine de l’OFCM ? », questionne-t-il du club de football de la commune.

Pour accéder au pôle Léo Lagrange, la municipalité compte notamment sur l’ouverture prochaine de la voie Bérégovoy, à la fin de l’année 2020, afin de rallier la zone d’activités économique des Garennes. « Avec l’ouverture de la voie Bérégovoy, c’est tout un nouveau secteur de ville qui va émerger, se réjouit-on dans l’entourage du maire. Nous avons la chance d’avoir une ville assez verte, avec de nombreux parcs, nous avions cette volonté de garder une ville assez nature. »

Crédits photo 2 : HARARI ARCHITECTES