Annoncée depuis au moins 2015, avec un début de travaux prévu en 2018, l’opération de réaménagement du centre commercial Mantes 2, sur une dalle piétonne en plein coeur du quartier du Val Fourré, devrait connaître une avancée significative. Depuis quelques mois déjà, des travaux sont entrepris par la municipalité mantaise dans les parkings souterrains situés sous le supermarché Val prim.

Elle prévoit ainsi de rouvrir au public une zone de stationnement d’environ 150 places d’ici l’été. La suite des opérations concernera la surface du « quart Nord-Est » de la dalle, un ensemble allant du supermarché à l’ancienne maison médicale de garde, à l’angle des boulevards Clémenceau et du docteur Bretonneau.

Le reste de la dalle n’est pour le moment pas concerné par cette opération d’aménagement. « Nous avons décidé de s’attaquer à la partie où on avait la maîtrise du foncier, où on est propriétaires des murs et c’est sur cette partie-là qu’on est le plus propriétaire de murs avec l’Epamsa (Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine aval, Ndlr) », précise du choix du démarrage des travaux le maire mantais Raphaël Cognet (LR).

L’édile ajoute du temps, beaucoup plus long, que prendra l’ensemble du chantier : « En soi la dalle appartient à la copropriété, mais est gérée par la Ville via un bail emphythéotique, c’est la Ville qui en assure la gestion mais elle n’est pas propriétaire, […] rien n’est simple en termes d’intervention. »

À cet emplacement de 10 500 m², la municipalité comme l’Epamsa prévoient de reconstruire un programme mêlant logements et commerces en rez-de-chaussée. Par cette opération, la mairie espère apporter plus de diversification commerciale et en augmenter la fréquentation. Mais pour l’heure, ni calendrier, ni montant de l’opération ne sont annoncés.

À cet emplacement de 10 500 m² , la Ville comme l’Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa), prévoient de reconstruire un programme mêlant logements et commerces en rez-de-chaussée.

Dans le dossier d’enquête publique réalisée jusqu’au 19 mars dernier et concernant la déclaration d’utilité publique du projet, ce manque de diversité (sur l’ensemble de la dalle cette fois, Ndlr) est notamment pointé du doigt. « L’absence de commerce type et nécessaire » comme la vente de produits surgelés, « de la poissonnerie, des agences immobilières, […] soins de beauté, coiffure » y est mentionnée.

Certaines activités et commerces, d’« alimentation générale, restaurants, boucheries et drogueries » sont jugés « surreprésentés », à l’inverse du manque précédent. « Aujourd’hui, le commerce là-bas ne répond pas à 100 % aux besoins du quartier, il nous faut un commerce plus en adéquation », souligne Raphaël Cognet (LR), évoquant notamment des magasins à destination d’une clientèle féminine, comme des boutiques de vêtements ou des salons de beauté.

Mais des inquiétudes concernant les futurs travaux du centre commercial et son éventuelle fermeture sont parfois évoqués en réunion publique. « Il n’y a pas de volonté de la Ville de changer la destination de ce lieu, répond l’édile, adjoint au commerce jusqu’à son élection en décembre par le conseil municipal. Pour nous, c’est une centralité dans un quartier de 22 000 habitants, donc on veut conforter la dimension commerciale du centre. […] le commerce marche bien là-bas donc le but n’est pas de flinguer le commerce, au contraire, c’est de l’aider à se développer. »

Le centre commercial a un lourd passif derrière lui. Au printemps 2015, un arrêté préfectoral, finalement non poursuivi, menaçait de fermeture de l’ensemble de la dalle. « On a eu de gros problèmes de sécurité, par rapport aux normes électriques, aux incendies, tout cela est derrière nous », insiste le maire.

« On a fait un gros travail depuis trois ans avec le conseil syndical, la ville et puis l’Epamsa, et les propriétaires pour mettre au niveau de sécurité nécessaire les cellules commerciales », poursuit-il. Une première étape de ce réaménagement consistait à déménager le marché du Val Fourré face au collège André Chénier en février 2018, afin de lancer les études concernant la réhabilitation des parkings souterrains du « quart Nord-Est ».

Cette opération est celle disposant d’un calendrier un peu plus visible au niveau des échéances. Le premier magistrat espère qu’elle pourra résoudre à terme les problèmes de stationnement anarchique dans les parkings aériens. « On a sous cette dalle 680 places de parking qui existent, mais les accès aux parkings ont été fermés il y a dix, 15 ans, voire plus parce que c’était à une époque où il y avait de l’insécurité, on n’était pas capables de gérer ces parkings », reconnaît-il de la situation.

« Vous avez un très grand parking souterrain qui historiquement était construit avec le centre commercial qui fait deux niveaux, le -1 et le -2 et ce parking est composé en zones, détaille la directrice générale adjointe à l’aménagement. Et depuis une vingtaine d’années vous avez les 3/4 des parkings qui sont fermés, le niveau -2 est totalement inaccessible, le niveau -1, il y a une partie qui est accessible pour le stationnement du personnel de la mairie de quartier et les équipements publics, et une partie qui est ouverte ponctuellement les jours de marché. »

« On a remis en peinture, on a sécurisé, on a remis les flocages, on a refait les éclairages des allées, on a retravaillé les accès à la dalle, ce sont des gros travaux techniques », précise la fonctionnaire.

Une partie des places condamnées, situées dans la zone 1, seront accessibles d’ici l’été. « On a remis en peinture, on a sécurisé, on a remis les flocages, on a refait les éclairages des allées, on a retravaillé les accès à la dalle, ce sont des gros travaux techniques », précise la fonctionnaire. Des études techniques sont actuellement lancées concernant l’ouverture de la zone 2, même si là encore, difficile de se prononcer sur un calendrier.

« On travaille sur la possibilité de réhabiliter les deux niveaux, pour les mettre à disposition et des personnes qui viennent faire leurs courses et des habitants, poursuit la directrice générale adjointe à l’aménagement. Nous le ferons par phases si les financements ne nous accompagnent pas. » Pour l’instant, le coût des travaux a été estimé à « au moins 2,5 millions d’euros, hors taxes ».

Une fois les parkings réhabilités et leurs modalités de fonctionnement définies, la deuxième partie du chantier consistera à s’attaquer au bâtiment du quart Nord-Est, allant de la moyenne surface alimentaire Val prim à l’ancienne maison médicale de garde. « On est sur une supérette qui répond à certains besoins du quartier […], note Raphaël Cognet. Or, au Val Fourré, on a des gens qui ont du pouvoir d’achat et qui nous disent j’aimerais pouvoir trouver une diversité un peu comme en centre-ville. » À la place, la municipalité envisage d’implanter un commerce mêlant logements, d’éventuels ­logements sociaux et du commerce.

« On discute avec des investisseurs qui vont nous aider à construire, qui ont l’habitude de ce type de quartier et qui seront ensuite propriétaires des murs, ce qui nous permettra de sortir de cette configuration bizarre où le centre ­commercial est géré comme une copropriété alors que c’est une somme de commerces individuels », espère l’édile. Les discussions sont toujours en cours afin de définir le programme précis. Il prévient : « On ne va pas reconstruire à l’identique. […] Mais on ne va pas faire Parly 2, on parle d’un centre commercial de proximité. »

Il estime que ce qui prendra place sur cet espace sera « le signal de ce que l’on veut faire sur l’ensemble de la dalle à long terme, dans les dix, 15 ans qui viennent », à propos de la diversification et de son souhait de voir un « changement qualitatif », bien que seul le quart Nord-Est soit pour l’instant concerné.

Le projet suscite toutefois l’inquiétude, au vu de l’ampleur du chantier à venir et de l’avenir incertain du supermarché du quartier. « On est au courant qu’il y a quelque chose, on a vu qu’il y avait des travaux mais on ne sait pas ce qui est prévu, à quelle date, nous n’avons pas d’informations, on ne sait pas ce qu’on va devenir », regrette une salariée.

Une déclaration d’utilité publique du projet devrait être rendue prochainement. Elle permettra notamment d’engager des discussions avec les propriétaires concernés par ces travaux. « On essaie de faire les choses dans l’ordre, par étapes, indique le maire. Qu’on puisse, le moment venu, mener notre projet sans avoir une dizaine de recours juridiques… qu’on aura bien évidemment, mais on blinde notre dossier. »