Le maire de Poissy l’assure, son rendez-vous prévu le 24 mai prochain avec la ministre de la justice Nicole Belloubet (LREM) sera « particulièrement préparé ». L’édile reste convaincu qu’il parviendra à faire changer d’avis la ministre et l’État pour un déménagement de la maison centrale, arguant d’une faible différence entre le coût nécessaire à construire un établissement pénitentiaire neuf et les 60 millions d’euros de rénovation promis par la ministre lors d’une visite le 17 avril dernier, suite à l’effondrement du mur de l’avenue des Ursulines.

Le coût d’une reconstruction de la prison serait compris « entre 80 et 90 millions d’euros » selon l’édile. « Quand on dit 60 millions d’euros ex nihilo, je ne suis pas capable de faire un tour de table, de les trouver, poursuit-il. En revanche, quand il faut rajouter 10, 20 allez 30 millions d’euros, là, la donne n’est pas la même. » Il appelle donc « Région, Département et communauté urbaine » à se mettre autour de la table « pour voir s’il n’y a pas un intérêt à abonder à ces 60 millions ».

« Je ne viens pas sans propositions », insiste Karl Olive (LR), de terrains susceptibles d’accueillir la nouvelle prison. Ces terrains présenteront « des surfaces similaires » à celles de la prison actuelle, soit environ 4 ha, et seront situés « à proximité de la gare », bien que le foncier disponible soit limité compte tenu de ces deux critères. Il peut toutefois compter sur un soutien de poids, celui du président yvelinois du Sénat Gérard Larcher (LR). Dans une lettre envoyée à la ministre le 4 avril, celui-ci indique que de « nombreux arguments » plaident en faveur d’un déménagement.

L’édile assure qu’il aimerait réaliser à son emplacement actuel « un nouveau musée d’art et d’histoire, un site culturel, un poumon vert », à l’image de celui de l’hôpital Richaud de Versailles. « L’État travaille également sur le déclassement de la maison centrale […], il nous propose un centre de détention, termine-t-il quant au futur de la prison, qu’elle soit déplacée ou réhabilitée. Mais il ne faudra pas que cela soit la discothèque. […] Pour les nuisances, je préviendrai la Chancellerie de ces risques […]. Charge à l’État de prendre cette ­décision en conséquence. »

La consultation aura lieu du 1er au 16 juin

Une consultation numérique sera lancée pour déplacer ou non la prison, à partir du samedi 1er juin minuit via l’application Le vote, développée par l’opérateur Orange, sur téléphone ou tablette tactile. « À l’issue, je ferai connaître personnellement à la Garde des Sceaux, au premier ministre et au président de la République, les résultats de cette consultation », indique le maire Karl Olive (LR). Le coût de cette consultation est de « 5 000 euros voire moins », précise Rémi Dupuy, délégué régional d’Orange.

La question posée sera : « Souhaitez-vous le maintien de la prison en centre-ville ? » Trois choix s’offriront aux votants : oui, non ou encore le vote blanc. Pour s’identifier, il faudra scanner une pièce d’identité avant de se voir attribuer un numéro de vote. « Nous garantissons l’anonymat et la confidentialité », poursuit Rémy Dupuy. Des tablettes seront installées dans les maisons de quartiers, la médiathèque, pour les personnes ne possédant pas l’application.

Dans un communiqué commun, le collectif Poissy demain et le groupe d’opposition Vivons notre ville, en campagne commune pour les élections municipales à venir, ont indiqué qu’ils « ne participeront pas » à cette consultation qu’ils jugent « excluante ». Ils demandent « de vrais dispositifs de démocratie participative ».