Andrésy fête la 22e édition de Sculptures en l’île du vendredi 17 mai au dimanche 22 septembre. Le festival gratuit de sculptures contemporaines se déroule dans le parc de l’hôtel de ville, à l’île Nancy ainsi qu’à la gare Saint-Lazare. À la maison du Moussel, Francine Garnier et Alain Engelaere présentent leur œuvre L’arbre cent voix, qui trancrit en sculpture les émotions d’habitants dont les témoignages ont été récoltés par les deux artistes.

« Nous avons découvert cet endroit grâce à un ami, Pierre Bongiovanni, commissaire de l’exposition de sculpture en l’île », révèle Francine Garnier. Enseignante à l’école d’art Auguste Renoir à Paris, elle narre la genèse de ce projet ambitieux : « En voyant la revitalisation de la greffe de sophora pleureur du parc de la maison du Moussel, nous avons imaginé qu’il avait abrité au fil du temps toutes les larmes de joie et de tristesse des ­Andrésiens. »

L’été dernier, Francine Garnier et Alain Engelaere ont sillonné durant deux semaines les rues d’Andrésy pour recueillir les souvenirs de leurs habitants. « J’ai été bouleversé par le témoignage d’une femme qui nous a raconté qu’elle a perdu un enfant en bas âge », raconte Alain Engelaere. « Durant notre périple, un homme nous a raconté que durant la guerre, il est resté pendant plusieurs semaines cloisonné dans une cave avec toute sa famille et ne le supporte plus aujourd’hui », poursuit Francine Garnier.

Se trouvant au rez-de-chaussée de la maison du Moussel, l’exposition est divisée en deux : à gauche les larmes de joie, à droite les larmes de tristesse. « Les témoignages sont contenus dans des ampoules tenues par des fils fixés au plafond, nous sommes les seuls à les connaître » souhaite préciser Alain Engelaere. Centre névralgique de l’œuvre, le saule pleureur sera lié à la maison du Moussel par un câble coloré grâce à un jeu de lumière. Battements de cœur et crépitement de l’arbre en constituent la bande son.

Une quarantaine d’artistes engagés pour la planète

Dans le cadre de Sculptures en l’île, une quarantaine d’artistes présentent des œuvres visant à faire réfléchir à l’écologie. « Jean-Daniel Baumann, Naanaa et Martin Wielanek abordent le réchauffement climatique. Franck Mercky évoque la surconsommation. Alexandra Delamotte et Sophie Romanet questionnent le public sur la nature humaine », précise le ­communiqué de presse.