Les conséquences acoustiques du projet Eole inquiètent de plus en plus les riverains jouxtant les voies, en particulier à Poissy où est craint le nombre croissant de trains qui circuleront entre Paris et Mantes-la-Jolie. L’installation de protections acoustiques est un projet de longue date qui semble au point mort. Une zone de test d’une protection innovante installée à Poissy est en cours d’étude par la SNCF. Les responsables du projet Eole et les élus tentent de rassurer à nouveau les riverains et les associations qui s’impatientent.

« Depuis 2006, les habitants de l’avenue Emile Zola sollicitent le maire, la SNCF, etc pour les prévenir qu’il y a beaucoup de points noirs bruits (zone où le bruit dépasse les normes, Ndlr) dans notre avenue », raconte Cédric de Bazelaire, président de l’Association Poissy Emile Zola (Apez). « Vous êtes dans le jardin, vous ne vous entendez plus », souligne Michel Agnola, représentant du syndicat des propriétaires de l’île des Migneaux à Poissy. Une situation qui pourrait se dégrader en 2024 avec l’augmentation du trafic liée à la mise en service de l’extension du RER E à l’Ouest de Paris.

« On va dépasser les normes, et ce sera un niveau de bruit qui sera constant, affirme Cédric de Bazelaire. Notre environnement va être altéré et ce n’est pas normal. » Les riverains réclament donc, depuis 2010, des solutions concrètes pour réduire au maximum ces nuisances. « On a publié un cahier d’acteur […] on est intervenu dans l’enquête d’utilité publique », précise Michel Agnola, qui exprime l’impression de ne pas être entendu.

La direction du projet Eole s’est engagée « à résorber l’ensemble des points noirs bruits sur cette ligne existante », réaffirme-t-elle suite à une sollicitation de La Gazette. À Poissy, des murs acoustiques ont été installés près de la gare, mais s’arrêtent avant l’avenue Emile Zola. « La discussion a eu lieu sur Poissy et l’idée était : est-ce-qu’on peut trouver d’autres solutions qu’un mur acoustique qui fait quatre mètres de haut et qui est infaisable devant ces logements-là ? », ­précise la SNCF.

« On demande un mur bas anti-bruit », indique Michel Agnola. La SNCF assure avoir lancé une étude de faisabilité pour ce système non homologué en France de murs bas, plus proches des rails et qui n’altèrent pas le paysage, sans calendrier précis à ce stade. « On a une faisabilité technique, on a une faisabilité de sécurité, on a une faisabilité de maintenance », fait noter la direction du projet Eole d’une construction « possible avant 2024 si tous ces critères sont remplis ».

Les élus, eux, se veulent rassurants. Le vice-président aux transports de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, Pierre-Yves Dumoulin (LR), affirme qu’un budget est bien prévu pour ces problématiques. « Le coût sera à prendre en compte, mais je pense qu’ils peuvent être optimistes », explique Patrick Meunier, adjoint aux transports de la mairie de Poissy, des demandes « légitimes » des ­riverains.