Soutenu par la municipalité et la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), le promoteur Bouygues immobilier doit construire à la Pointe de Verneuil, d’ici à 2024, une marina de 200 anneaux, accompagnée de 450 logements et 115 places de parking. Dans le cadre d’un projet d’études, deux étudiantes en architecture y ont plutôt imaginé un espace culturel dédié à la défense de ­l’environnement.

Elles ont présenté publiquement cette Maison du vivant le 19 avril dernier, lors d’une réunion organisée par l’Adiv. Opposée depuis toujours au projet Bouygues, l’Association de défense des intérêts des vernoliens (Adiv) – environnement veut en faire « un véritable projet alternatif », espère son ­président Bernard ­Destombes.

Pour valider leur diplôme, Fanny Allaire et Florence Vidal, étudiantes à l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-val de Seine, devaient créer un projet autour de la Seine. « Nous avons décidé de nous intéresser à la Pointe de Verneuil car ma camarade est de Verneuil-sur-Seine », précise Fanny Allaire.

« De septembre à janvier, nous avons étudié toute la côte de Verneuil, on a étudié son écosystème et son histoire pour comprendre comment elle s’est urbanisée, se rappelle la future architecte. On a pensé que le territoire doit protéger son écosystème mais aussi se développer, on a pensé à des établissements commerciaux. » Les deux étudiantes aboutissent finalement à l’idée d’une zone résidentielle composée de logements, pas si éloignée du projet de Bouygues, la marina exceptée.

Mais en retournant sur place en février, elles estiment qu’elles ont fait une erreur : « Le site était très végétal. » Les deux étudiantes prennent alors connaissance du projet prévu. Elles entrent en contact avec Benjamin Fougères, naturaliste et membre de l’Adiv. « Nous sommes allées sur le site pour relever les arbres remarquables, les endroits où la nature était en danger et les berges de seine possédant un riche écosystème pour faire une cartographie de la pointe de Verneuil », témoignent-t-elles.

L’idée de la Maison du vivant est née : « Nous avons voulu faire un établissement qui défend l’environnement. » Elle serait composée d’une bibliothèque et de salles d’expositions. « Respectueux de l’environnement, le bâtiment serait construit en bois, décrit la jeune architecte. Pour avoir un impact minimal sur le sol, on utilisera un système de cuvée qui ne nécessite pas de dalle en béton facilitant le déplacement ou la ­destruction du ­bâtiment. »

Crédits photo : FANNY ALLAIRE