Le deuxième arrêt du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) a été adopté le 9 mai à 97 voix pour, contre 57 lors du vote du premier arrêt en décembre dernier. Comment ­expliquez-vous cette ­progression ?

Entre les deux, ce qu’il s’est passé, c’est que dans chaque conseil municipal, on a voté. Les conseils municipaux ont donné des indications sur ce qui leur semblait devoir être amélioré et changé. Tout le travail qui a été fait principalement par Suzanne Jaunet (vice-présidente en charge de l’urbanisme, Ndlr) et les services, c’est de revoir chacun des maires pour leur dire : vous nous avez demandé telle et telle chose, voilà, pour le moment, les explications qu’on peut vous donner aujourd’hui, voilà ce qu’il sera possible de faire ou pas.

On ne voulait pas faire en sorte de dire à tout le monde « oui-oui », pour qu’au mois de décembre [2019] on leur dise non. Il y a des communes avec qui on a vraiment bien progressé, et d’autres avec lesquelles on a dit « on ne sera jamais d’accord ».

Quels sont les axes que vous avez privilégié ?

Le PLUI doit être la traduction d’une volonté politique qui a été clairement exprimée. Le travail qui a été mené a d’abord été mené avec les communes par des rencontres territoriales avec les maires. On a fait 17 rencontres pour voir, justement, ce qui était important pour eux.

Ensuite, il y a eu une grande phase de concertation, on est allé chercher toutes les personnes qui travaillent sur le territoire, qui vivaient sur le territoire, et pas forcément les personnes qui étaient spécialisées en matière d’urbanisme. Pour savoir, justement, ce qui était important pour elles pour que ce territoire avance ensemble.

C’est à partir de tous ces éléments que trois axes en sont sortis, à ­savoir la valorisation du paysage, le développement de la mobilité et de l’urbanisation autour des pôles de transports, et l’attractivité du territoire, qu’elle soit économique ou touristique.

Le maire de Poissy souhaite le déménagement de la maison d’arrêt, le PLUI prend-t-il en compte ce déménagement, des terrains ont-ils été préparés pour faire face à cette éventualité ?

Le déménagement de la prison de Poissy, par rapport à la temporalité d’élaboration du PLUI, est arrivé plutôt après, dans un contexte particulier. Effectivement, dans le premier et le deuxième arrêt, ces ­éléments-là ne sont pas pris en compte. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas de terrains mobilisables directement, mais en tout cas, ils ne sont pas identifiés en tant que tels aujourd’hui.

Il faut avoir en tête que le PLUI est un document vivant, on va l’arrêter, le modifier. C’est là-dessus que je voudrais insister. C’est-à-dire que le PLUI, quand il va être adopté, quasiment en même temps, on aura besoin d’apporter des modifications à ce PLUI, parce que c’est un document vivant. Et des projets comme celui que le maire de Poissy veut réaliser, et pour lequel je suis plutôt d’accord avec lui, sur l’idée de sortir la prison, si ce que vous proposez a du sens, les négociations peuvent prendre du temps, mais le bon sens arrivera toujours à ­l’emporter.

L’enquête publique se tiendra du 5 juin au 17 juillet. Qu’en attendez-vous ?

On ouvre la porte à toutes les discussions et à une meilleure compréhension de la part de nos citoyens. C’est la première fois, à 400 000 habitants, qu’on va pouvoir donner la parole à des gens, sur leur avenir à construire sur le territoire, c’est beau.

Il y a tout un système qui a été mis en place pour recueillir l’avis de nos concitoyens ce qui va être très intéressant et très riche, y compris pour chacun des maires. Car quand vous êtes maire, vous avez une idée pour votre commune de son développement, vous avez une idée de ce que vous voulez ou pas faire pour votre commune, mais on ne consulte pas forcément, là c’est une consultation sur 400 000 habitants.

Ce qui va être intéressant, c’est de confronter ces intérêts particuliers par rapport à l’ambition qu’on porte nous pour le territoire, et donc à l’intérêt général. Moi, je suis très confiant sur la maturité que peuvent montrer nos concitoyens dans les circonstances actuelles. Forcément, vous allez avoir des gens qui ne verront que leur intérêt personnel, mais ils seront très minoritaires.

Quelle seront les prochaines étapes ?

Dans ce même laps de temps, nous allons travailler sur le Plan climat-air-énergie territorial, c’est un document qui va être essentiel, car il va reprendre toutes ces problématiques sur le développement durable, l’environnement et on va voter en même temps. À la fin de l’année, la communauté urbaine se sera dotée de tous les documents nécessaires pour pouvoir développer le territoire.

Le travail s’est peut-être fait en temps masqué, mais il s’est fait, la preuve, c’est qu’on va le présenter en décembre. Je ne crains absolument pas aux prochaines municipales le renouvellement des équipes, et que ce renouvellement soit en phase par rapport à ce qu’on veut faire du territoire. La continuité sera assurée. Dans le vote du deuxième arrêt, vous vous apercevez que même des gens dans l’opposition ont apporté leur vote, et je trouve que c’est bien. On n’est pas à se dire « après les élections, on va devoir repartir de zéro ».

Enquête publique : pour participer, un site internet ou des permanences

L’enquête publique concernant le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) se déroulera du 5 juin au 17 juillet. Un site internet, plui-gpseo.enquêtepublique.net, a été créé, pour y recueillir des contributions dématérialisées, ou consulter le dossier d’enquête publique et y annoncer les dates des permanences dans les différentes communes.

Ce dossier pourra également être consulté en version papier dans les mairies de Carrières-sous-Poissy, Conflans-Sainte-Honorine, Ecquevilly, Epône, Gargenville, Les Mureaux, Magnanville, Mantes-la-Jolie, Meulan-en-Yvelines, Poissy et Triel-sur-Seine. Outre le site internet, les contributions pourront se faire en mairie, ou par courriel à plui-gpseo@enquetepublique.net.