Lundi 20 mai, les agents des six sites du syndicat interdépartemental d’assainissement des eaux (Siaap) se mettent en grève. Pendant plusieurs jours, notamment sur la station d’épuration Seine aval à Achères, mais aussi aux Grésillons à Carrières-sous-Poissy, ils ont tenu des piquets de grève et bloqué les camions des entreprises extérieures. Les grévistes demandent une revalorisation du régime indemnitaire, jugé inégalitaire pour les salariés des différents sites. Des négociations avec la direction générale ont eu lieu sans convaincre les grévistes, prêts à poursuivre le mouvement.

« On retourne sur le piquet de grève à 14 h » annonce Sonia Lacas, secrétaire générale pour la CGT du site Seine aval (syndicat majoritaire, à l’initiative de la grève, Ndlr) deux semaines après le début du mouvement, lundi 3 juin. Avant le week-end, vendredi 31 mai, la poursuite de la grève a été votée après des négociations infructueuses avec le directeur général du Siaap, où « tout n’a pas été dans le sens des agents ». Une nouvelle assemblée générale se tenait le lundi 3 juin pour décider du ­prolongement ou non de la grève.

« Surtout, c’est l’augmentation du régime indemnitaire […] ça a augmenté de 10 euros en cinq ans », expliquent les grévistes de leurs revendications, au piquet de grève à l’entrée du site Seine aval mardi 21 mai. En 2011, un mouvement de grève avait permis de négocier une prime de pénibilité. Une prime inégalitaire et insuffisante pour Didier Dumont, membre de la CGT pour tous les sites du Siaap : « Il y en a un qui va avoir une prime à 75 euros pour la pénibilité, et d’autres qui vont avoir 25 ou 50, donc nous ce qu’on demande, c’est la révision de ces critères, et en même temps l’augmentation. »

Sur le site Seine Grésillons à Carrières-sous-Poissy le lundi 20 et le mardi 21 mai, comme sur le site Seine Aval pendant plusieurs jours, les entreprises extérieures étaient bloquées à l’entrée par les grévistes. « Nous avons une grande mission concernant la protection de l’environnement […] Nous faisons en sorte qu’il y ait toujours des non-grévistes de manière à ce qu’on ne bloque pas le process », explique Didier Dumont de l’organisation de la grève.

Sollicitée par La Gazette, la direction du Siaap n’a pas communiqué sur la grève. « Il n’a rien lâché », explique Sonia Lacas des propositions du directeur général du Siaap faites vendredi 31 mai, parlant tout de même « d’avancées » concernant ce régime indemnitaire complexe. La secrétaire générale explique que la hausse de certaines primes ou l’extension d’autres pourraient permettre aux agents de voir leur salaire augmenter. « Les moins qui gagnent c’est 42 euros, les plus qui gagnent c’est 200 euros », ajoute-elle de la fourchette des primes ­accordées pour l’instant.

« Dès juin, on commence les commissions de « faisant fonction » c’est-à-dire pour des agents qui sont sur des postes supérieurs à leur grade, après, à lui de déterminer combien », souligne Sonia Lacas. Un problème déjà évoqué le mardi 21 mai sur le piquet de grève : des agents, notamment des laboratoires (en grève depuis le mois d’avril, Ndlr), occupent des postes supérieurs à leur grade sans la rémunération équivalente. « On se retrouve à avoir une charge de travail plus conséquente avec un effectif constant », explique aussi Didier Dumont, du non-remplacement d’agents partant à la retraite et de la non-­titularisation des ­contractuels.