Lundi 27 mai, des élus d’Achères, des Yvelines comme les habitants sont conviés pour découvrir l’Association branche de Cergy du RER A (ABC du RER A). Invitée par l’association Vivre à Achères, ABC du RER A présente son projet et ses premières revendications : une nouvelle répartition des trains entre la branche Cergy (Val-d’Oise) et la branche Poissy, et la mise en place d’un dispositif de substitution lors des travaux nocturnes qui soit ­satisfaisant pour les usagers.

Pendant plus de deux heures, usagers, élus et associations réfléchissent ensemble aux solutions à proposer aux acteurs de la mobilité dans les Yvelines et en Île-de-France. Un train supplémentaire aux heures de pointe vers Cergy, l’arrêt des trains le soir en gare d’Achères et non à Sartrouville, ou encore la création d’une nouvelle gare dans la commune pour faciliter les trajets dans le cadre du Tram 13 sont évoqués. Convaincus, certains habitants présents adhèrent à l’association le soir même, et signent la pétition lancée à cette occasion.

« Pourquoi créer une énième association alors qu’il y a déjà un tissu associatif, il y a déjà des actions ? » interroge Véronique Forensi, usagère du RER A depuis de nombreuses années et élue à la mairie d’Achères. Pour Alain Lharidon, président d’ABC du RER A, créée au mois de mars dernier, la particularité de l’association est liée à la zone limitée de ses revendications, qui ne concernent pas toute la ligne : « Nous, ce qu’on souhaite, c’est défendre cette branche Achères jusqu’à Cergy. »

Dès le début de la réunion, le président de l’association présente la déclaration de principe de l’association. « Rassembler toutes celles et ceux qui veulent que les conditions de transport du RER et du Transilien sur la branche Cergy s’améliorent », note Alain Lharidon. Les premières ­actions concernent la ligne du RER A, ainsi que celles portant sur la ligne L du Transilien : « Elle a pour vocation de témoigner des conditions de fonctionnement de la branche, de formuler des propositions, d’exprimer des revendications, de s’impliquer dans la vie de la ligne. »

« Notre première demande déjà, un rééquilibrage avec la branche Poissy », insiste Alain Lharidon. L’association parle de grille horaire et de répartition en « cinq-cinq » ou en « six-quatre » entre Poissy et Cergy. Il y a deux ans, la SNCF et Île-de-France mobilités, organisme satellite de la Région chargé des transports, ont établi une grille horaire dont le but était d’offrir une meilleure offre aux voyageurs.

En heure de pointe, la répartition est désormais de « cinq-cinq », c’est-à-dire cinq trains pour Poissy et cinq trains pour Cergy. L’association réclame une nouvelle répartition en « six-quatre » avec un train supplémentaire par heure en direction de Cergy contre un de moins à Poissy. « Quand on a trois fois moins de voyageurs d’un côté que de l’autre, comment peut-on justifier qu’on soit à 50/50 sur la répartition horaire ? » s’interroge Eric Nicollet, vice-président de l’association ABC et adjoint PS à la mairie de Cergy.

« C’est une revendication parfaitement légitime de dire quand il y a trois fois plus de gens d’un côté que de l’autre (vers Cergy, Ndlr), donc six-quatre […] dans l’état actuel des choses, c’est une mesure qui peut être prise de façon urgente », poursuit-il. Une proposition soutenue par la députée de la 6e circonscription des Yvelines, Natalia Pouzyreff (LREM), qui décrit une ligne avec « un problème majeur qui se situe dans la boucle de Montesson » où le nombre de trains circulant par heure reste limité.

Ce soir-là, les questions sont nombreuses sur la mise en place de ­nouvelles solutions pour améliorer les conditions de ces moyens de transport de remplacement. « Je suis parti à 22 h de Châtelet […] je suis arrivé à 2 h 21 à Cergy, raconte un usager excédé par les problèmes fréquents sur la ligne. Avec la SNCF, Cergy n’est plus qu’à 4 h 20 de Paris, merci. » Un rallongement du temps de trajet lié aux travaux nocturnes au niveau de la gare de Cergy-le-Haut. « On a subi pendant plusieurs semaines des interruptions à 21 h 30 », explique Alain Lharidon.

Pour l’instant, les bus de substitution sont tous au départ de Sartrouville. « On a envoyé un courrier à Madame Pécresse (la présidente du conseil régional et d’Île-de-France mobilités, Ndlr) pour voir si la question des bus pouvait être améliorée […] voir si l’arrêt [des trains] était possible à Achères », raconte Natalia Pouzyreff. Selon elle, une telle solution apporterait « un confort supplémentaire et un gain de temps surtout pour les passagers ». Un courrier resté sans réponse pour l’instant selon elle. La SNCF, sollicitée par La Gazette, n’a pas répondu à ce sujet.

Eric Nicollet propose deux solutions à étudier comme « alternatives au Sartrouville actuel » allant dans le sens des propos de la député. La première, des bus au départ « d’Achères-ville ou de Maisons-Laffitte ». La deuxième, un bus de substitution au départ d’Achères-Grand cormier pour « desservir Conflans et la suite […] ça serait une façon de définir l’offre alternative autrement plus ­efficace que ce que l’on a aujourd’hui ».

« Il y a des territoires qui sont lésés […] on veut simplement quelque chose de juste et de rééquilibré », ajoute Eric Nicolet. À la fin de la réunion, le président de l’association propose aux Achérois présents d’adhérer à l’association et de signer la pétition concernant ces deux grandes revendications. Dix-huit personnes dont la députée l’ont signée ce soir-là.

Le projet de gare du Chêne feuillu maintenu ?

Lors de la réunion du 27 mai proposée aux Achérois par l’Association branche de Cergy du RER A (ABC du RER A), la création de la gare Achères-Chêne feuillu pour l’arrivée du Tram 13 Express est évoquée par un habitant. « Elle est toujours prévue, elle est toujours actée, répond le maire Marc Honoré (DVD). C’est une gare avec un parking de 300 places. » De sa création, il explique : « Tout va dépendre de la ligne Paris Normandie, parce qu’aujourd’hui, les réseaux ne permettent pas un arrêt supplémentaire au Chêne feuillu. » Tout en prévenant : « La ligne Paris Normandie, c’est 2040-2045. »